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11 novembre 2013

Qui a lu verra

sehiaud-livres.jpgComme les vacances d’hiver approchent, j’ai prévu de me reposer en emmenant de la lecture à la campagne, un endroit perdu au milieu de nulle part, dans le centre de la France. L’avantage ? C’est l’un des seuls lieux où le téléphone portable ne passe pas et où Internet n’est pas encore installé, dans les vieilles fermes auvergnates. Il me reste à choisir les ouvrages qui vont me tenir compagnie durant les trois semaines pendant lesquelles je vais m’extraire du monde des systèmes d’information. J’ai donc commencé à parcourir ma bibliothèque mais j’avoue que j’ai été particulièrement déçu. Moi qui voulais m’extraire de mon quotidien, je m’aperçois que, quelle que soit l’œuvre que je vais choisir, cela va me rappeler inévitablement le bureau.

SI je retiens « Les Misérables » de Victor Hugo ou « La peau de chagrin », de Balzac, cela va me rappeler ma situation budgétaire et, dans la perspective de la rentrée, ce n’est pas le moment… Si je préfère « 20 000 lieues sous les mers » de Jules Verne, cela va me faire penser à l’état d’avancement de notre projet de déploiement d’un ERP au niveau mondial… Si je sélectionne « Les causes perdues », de Jean-Christophe Rufin, je vais sûrement ruminer mes arguments pour disposer de plus de moyens en septembre…

Si je choisis « Le dernier jour d’un condamné », de Victor Hugo, « La bête humaine » d’Emile Zola  ou « Le coup de grâce » de Maurice Druon, je vais penser à ma situation personnelle et passer mes vacances à refaire mon CV… Si je privilégie « Crimes et châtiments » de Dostoïevski, je ne pourrais m’empêcher de me remémorer l’ambiance de suspicion qui règne dans l’entreprise dès lors que l’on parle de la DSI, notamment de la part des utilisateurs qui se posent en victimes face aux contraintes qu’on leur impose. Si j’opte pour « L’assommoir » d’Emile Zola, les souvenirs des derniers comités de direction vont resurgir à la surface de mon cerveau déjà fragile.

Si je penche pour « La plus haute des solitudes », de Tahar Ben Jelloun, je vais partir en vrille sur les difficultés de notre métier. Si mon choix se porte sur « Dr No » de Ian Fleming, je vais croire qu’il s’agit de la biographie d’un expert-comptable qui a endossé un costume de DAF au service secret de sa Majesté le DG. Si j’ai une prédilection pour « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell, cela me fera penser à la dernière « expression des besoins » concoctée par je ne sais plus quelle direction métier. Si je me décide pour « Les liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, je vais devoir méditer sur les relations clients-fournisseurs. Si je me prononce pour « Esquisse d'une philosophie du mensonge » de Jean-François Kahn, je risque de passer en revue tous les consultants à qui j’ai fait appel et qui m’ont pris un peu de mon budget. Je ne vais pas aimer… Si je prends « Drame en trois actes » d’Agatha Christie, je vais me souvenir du dernier projet planté et, à la différence d’Agatha, on n’a jamais trouvé le coupable.  

Finalement, j’ai opté pour « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas et « Ca ira mieux demain », de James Hadley Chase. Le premier parce qu’il est effectivement toujours préférable de partir très vite sous d’autres cieux et de revenir le plus tard possible ; le second parce qu’il faut toujours conserver une bonne dose d’optimisme quoi qu’il arrive ! Et rappelez-vous que, comme disait Coluche, « C’est pas plus mal que si c’était pire ! »…

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