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27 mai 2015

Talents à saisir

sehiaud-roberthalf.jpgIl paraît, nous apprend une étude du cabinet de recrutement Robert Half qui vient de sortir, que les DRH sont de plus en plus inquiets de la perte de meilleurs talents. « Alors qu’ils étaient 72 % à se déclarer préoccupés du départ de leurs meilleurs collaborateurs en 2014, ils sont aujourd’hui 80 % à éprouver ce sentiment », nous dit l’étude. Il paraît aussi que « le marché de l’emploi connait une embellie et le recrutement devient plus fluide notamment chez les cadres. » Pourquoi tous les talents font-ils leurs valises ? Nos chers DRH ont trouvé pourquoi les managers changent de job : pour chercher une rémunération plus élevée ou pour des évolutions de carrière plus intéressantes ou pour trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Voire pour les trois…

Je comprends mieux pourquoi beaucoup de DSI de talent changent de job. Ils doivent d’ailleurs gagner sur les trois tableaux : plus d’argent, davantage de considération et la possibilité de finir plus tôt. Ils sont quand même marrants nos chers DRH : ils s’inquiètent de plus en plus, mais la plupart n’ont pas été capables de retenir les meilleurs managers dans leurs entreprises. Les talents mal payés, peu reconnus et qui bossent 70 heures par semaine on bien raison de se barrer… En ce qui me concerne, étant un talent reconnu (la preuve : vous me lisez régulièrement), plutôt bien payé et rentrant chez moi tous les jours à 18 heures, je vais rester encore un peu chez Moudelab & Flouze Industries…

11 mai 2015

Toi y’en a être DSI, toi y’en a lire mon livre blanc

sehiaud-LMI.JPGJe suppose que, comme moi, vous êtes abreuvés de newsletters qui vous vantent les livres blancs proposés par nos chers fournisseurs. On peut y découvrir la beauté des paysages techniques, la sérénité du discours commercial, l’air pur des descriptifs des fonctionnalités et le dépaysement est assuré grâce à un vocabulaire des plus sophistiqués. La plupart de ces newsletters passent à la poubelle sans que j’ouvre l’e-mail.

L’un des derniers que j’ai reçu concernait la sécurité. Ça tombe bien, on est en train de refondre notre politique de sécurité des systèmes d’information. On nous proposait un contenu sponsorisé par un grand fournisseur, leader sur son marché, comme on dit, en l’occurrence Dell. En principe, c’est du sérieux… Et c’est diffusé par Le Monde Informatique, il paraît que c’est aussi du sérieux (télécharger l'image avec le texte lisible).

Mais, avant d’aller plus loin, je lis systématiquement le petit texte qui, en principe, doit nous donner envie d’aller plus loin. Cette fois, je n’ai pas été déçu : je n’ai rien compris ! Le texte nous explique ainsi : « CEO vivent dans la peur des violations de données, des pertes de données et les échecs de mise en conformité. CIO peinent à boucler le budget qu'ils savent est nécessaire pour protéger l'entreprise. » C’est du véridique (voir photo). Cela me fait penser au langage qu’employaient les explorateurs s’estimant cultivés, vis-à-vis de tribus primitives et hirsutes pour les embobiner, avant de piller leurs ressources naturelles.

On imagine facilement la scène : une horde de commerciaux avant-vente débarque sur une île luxuriante peuplée de DSI qui ne savent plus quoi faire de leurs ressources (ne vous emballez-pas, c’est de la fiction, c’est juste pour l’exemple…). Avec un dialogue du style « Toi y’en a être DSI, toi y’en a forcément besoin de mon livre blanc, avant que je te siphonne ton budget. » Ça serait plutôt mal parti pour ces pauvres commerciaux qui n’auraient plus qu’à retourner d’où ils viennent ! On nous explique aussi : « Comme il dirigeants d'entreprises et professionnels de l'informatique de chercher des moyens d'éviter d'être victimes d'une implacable course aux armements en matière de cybersécurité. » Évidemment, c’est nettement plus clair !

Ce texte a bien sûr été conçu par de vrais experts du marketing, puisqu’il nous incite à un « Call to action », comme on dit dans le milieu de la pub. Que faut-il faire ? « Rejoindre éditeur de ComputerworldUK en chef et dirigeants de Dell dans une série de discussions vidéo sur la façon de répondre à la nature de la menace de changer. » Je me vois bien parler comme ça lors de notre prochain comité de direction consacré à la politique de sécurité. « Toi DG, moi DSI, toi y’en a donner à manger plein de sous à moi, toi certain faire bon investissement… » Je suis sûr de remporter un franc succès, mais vraisemblablement temporaire… J’aurai beau affirmer, preuve à l’appui, que ce sont nos fournisseurs qui s’expriment de cette manière et que je ne fais que suivre leur exemple, j’ai peur de ne pas parvenir à convaincre…

Le pire est que si les fournisseurs conçoivent leurs solutions de la même manière qu’ils élaborent leurs contenus pour les promouvoir, il ne vaut mieux pas acheter. On ne sait jamais… Surtout si les solutions sont testées par ceux-là mêmes qui écrivent les textes !

PS : je vous rassure, dans  une version corrigée de la newsletter, c'est écrit de façon compréhensible. Il y en a quand même un qui s'en est aperçu...