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13 novembre 2007

Les linuxiens se reproduisent

Comme d’habitude, les mauvaises nouvelles nous parviennent par un canal informel, en l’occurrence radio-moquette, seul média vraiment indépendant de la publicité. « Il paraît qu’il va y avoir des changements à la DSI », susurre-t-on. Et comme d’habitude, les premiers concernés sont les derniers avertis ! Des changements à la DSI ? A la différence des radios traditionnelles, on ne peut pas téléphoner pour connaître la suite du programme. En questionnant les uns et les autres, j’ai appris que notre PDG, Pierre-Henri Sapert Bocoup avait l’idée de me remplacer « par un énarque de ses amis qui se trouve trop à l’étroit comme chef de cabinet du secrétaire d’Etat aux Anciens combattants ».

Certes, les anciens combattants, je connais, j’ai encore dans mes équipes un certain nombre de cobolistes et de rescapés de la révolution e-business, vous savez, celle où les slogans étaient « il est interdit d’interdire de faire des pertes ». Un énarque à la tête de la DSI de Moudelab & Flouze Industries ? Quelle idée ! Heureusement, j’ai un accès direct au bureau de notre PDG, avantage acquis de haute main en tant que membre du comité de direction. « ne vous inquiétez pas, mon cher Séhiaud, c’est une éventualité pour rendre service à un vieil ami, je n’ai encore rien décidé», me rassure PHSB, qui ajoute : « cela ne changera rien pour vous ». En clair, je continuerai à gérer l’opérationnel et ses désagréments et notre énarque récupérera les lauriers, en tant que super DSI. « Depuis le temps que vous tu lui casses les pieds avec le fait qu’un DSI doit être proche du business et oublier la technique, cela devait arriver…», me dit Hubert Henron, notre DAF, à qui je fais part de mes inquiétudes.

Il n’a pas tort : je n’ai jamais cessé d’insister sur le fait qu’un DSI qui ne connaît rien à la technologie peut être aussi compétent que celui qui a passé des années à se coltiner des cahiers des charges, à bricoler du code source ou à re-re-re-tester des applications congénitalement bancales. « M’enfin », comme dirait Gaston Lagaffe, ce n’est pas un raison pour me coller un énarque au dessus de moi, même avec une augmentation de salaire à la clé et un budget projets supplémentaire ! Finalement, le recrutement de l’énarque ne s’est jamais faite. Notre PDG s’est aperçu que l’ambiance d’une DSI n’a rien à voir avec celle d’un cabinet ministériel, même si nous aussi, nous avons notre lot de jeux de pouvoir, de placardisés, d’egos surdimensionnés et d’improductifs.

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