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18 mars 2008

Régulateur de vitesse

Mon nouveau véhicule de fonction est équipé d’un régulateur de vitesse. Il paraît que c’est un outil technologique qui souffre de bogues inexplicables. Tiens, cela me rappelle quelque chose : nos logiciels, qu’ils soient développés en interne ou acquis auprès d’éditeur de logiciels. Voilà un outil technologique qui facilite grandement la vie de l’automobiliste pour lui rendre la vie plus facile. Et qui y parvient dans 99,9999% des cas, comme disent les fournisseurs de services de haute disponibilité.

Mais il suffit que cet outil technologique déraille pour que s’exprime ce que j’appelle le syndrome de « l’arrogance technico-technicienne ». Que dit en effet le patron de Renault à ses clients qui mettent en cause la technologie qu’il leur vend très cher ? Que c’est de leur faute… Que la technologie n’est absolument pas en cause… Qu’ils confondent la pédale d’embrayage avec celle du frein. On retrouve là l’arrogance de l’homme de science devant un quidam qui l’utilise ou la subit : la rationalité technicienne ne peut et ne doit être remise en cause sous aucun prétexte.

Conclusion : en cas de problème, c’est forcément l’utilisateur et ses mauvaises pratiques qui sont en cause. On ne peut qu’applaudir une telle approche. Parvenir à culpabiliser les clients qui vont se demander s’ils ne sont pas devenus dyslexiques et débiles, c’est très fort !
J’aimerais tant faire de même avec nos utilisateurs de systèmes d’information ! Hélas, pour nous, DSI, cette stratégie ne fonctionne pas. J’imagine mal expliquer à nos directions métiers que les bogues créés, involontairement bien sûr, par nos équipes de développeurs ou par celles de nos fournisseurs préférés, sont de leur faute. «La technologie est toujours parfaite, c’est vous qui ne savez pas vous adapter en cliquant n’importe où en confondant le clavier-embrayage avec la souris-frein! » : le meilleur moyen de me faire des amis dans le nouveau placard que je ne manquerai pas d’occuper aussitôt, avant d’aller pointer à l’ANPE…

Certes, on trouve encore, çà et là dans nos entreprises, quelques responsables bureautiques acariâtres et aigris de ne pas avoir fait une carrière de chef de projet. Aux utilisateurs qui se posent légitimement des questions, ils répondent systématiquement que ceux-ci sont totalement (ir)responsables. J’ose espérer qu’ils sont en voie de disparition ou de reconversion chez des professionnels de l’infogérance. La foi technicienne a toujours des adeptes…

10 mars 2008

Si, senior…

J’ai eu, le mois dernier, une malencontreuse idée : établir la pyramide des âges de la direction informatique. Surprise, elle est beaucoup plus déformée que je ne le pensais. La proportion d’informaticiens de plus de cinquante ans est ainsi de 40%. « C’est presque deux fois plus que la moyenne du groupe », m’a précisé Françoise Plansoc, notre DRH qui, à 49,5 ans, ne va pas tarder à passer elle aussi de l’autre côté de la barrière fatidique. Au-delà du constat, il nous faut trouver des solutions.

Du côté de la DRH, c’est le règne de l’imagination au pouvoir, c’est bien connu. En clair : rien à attendre de concret. « Débrouillez-vous pour régler le problème », me dit la DRH, relayant le discours de la direction générale. L’idéal est de virer les plus improductifs et de les remplacer par deux fois plus de jeunes diplômés du type jeunes-loups-dévorés-par-l’ambition frais émoulus d’une école d’ingénieurs bien classée. D’autant qu’il est relativement facile d’identifier les dits-improductifs, malgré leurs stratagèmes pour paraître en permanence occupés.

Leur technique favorite ? Se promener en permanence avec un listing ou un cahier des charges sous le bras. Bien sûr, on nous objectera que, dans l’informatique, « l’expérience des années a une valeur inestimable », comme me serine la direction générale. De toute façon, nous n’avons guère le choix : il faudra garder nos seniors et s’en accommoder.

J’ai quand même réussi à limiter les dégâts en suggérant à la DRH de créer des postes de consultants technologiques internes. Avec des volontaires promptement inciter à profiter « de nouvelles opportunités de développement de carrière dans le groupe ». Hors de la DSI bien sûr, et pour le plus grand bien des directions métiers. Vive la transversalité !