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21 novembre 2007

Impunité

Lu dans l’excellent quotidien Les Echos, le 2 janvier 2007 : un premier article titré : « affaire des stocks-options : soutien inconditionnel d’Apple à Steve Jobs ». Et un autre, juste à la page suivante : « Altran : le départ de Christophe Aulnette coûtera plus de deux millions d’euros ». Bigre ! Je n’imagine même pas, dans la presse, des titres concernant les DSI, du style : « Malgré un plantage informatique dévastateur qui a fait plonger le cours de bourse le DSI xx bénéfice d’un soutien inconditionnel de sa direction générale ». Ou encore : « Le départ de Monsieur X, DSI de la société non moins X coûtera deux millions d’euros ». J’imagine même tout le contraire : c’est la porte, sans indemnités ! Voilà des individus qui certes, ont d’immenses qualités, mais ne semblent pas à leur place : l’un a falsifié les dates d’exercice de ses stocks-options (un simple comptable ne se risquerait pas à modifier la date d’une facture, il sait où il finira : au pire à l’ANPE, au mieux, en offshore avec les autres) ; le second a, semble-t-il, été victime de désaccords stratégiques. Il n’a pas dû se renseigner où il mettait les pieds avant d’y aller. Ou alors il a accepté le poste en négociant un confortable parachute doré, ce qu’il a fait.

On peut regretter que des directions générales se commettent dans des pratiques frauduleuses ou s’embarquent dans des situations dignes d’une cour d’école. Mais nous avons quand même un point commun : les mauvais DSI, comme les mauvais managers, retrouvent presque toujours un poste. On ne citera évidemment pas de noms mais chacun d’entre nous doit en connaître au moins un, à propos duquel on a pensé, même subrepticement : « mais pourquoi l’ont-il recruté, tout le monde sait qu’il n’a pas le niveau ! ». Certes, mais les cabinets de recrutement et les futurs employeurs ne le savent toujours pas. Et c’est tant mieux. Il faut bien que, nous aussi, nous ayons quelques petites compensations pour notre dur métier qui peut être éphémère. On a l’impunité qu’on peut…

13 novembre 2007

Les linuxiens se reproduisent

Comme d’habitude, les mauvaises nouvelles nous parviennent par un canal informel, en l’occurrence radio-moquette, seul média vraiment indépendant de la publicité. « Il paraît qu’il va y avoir des changements à la DSI », susurre-t-on. Et comme d’habitude, les premiers concernés sont les derniers avertis ! Des changements à la DSI ? A la différence des radios traditionnelles, on ne peut pas téléphoner pour connaître la suite du programme. En questionnant les uns et les autres, j’ai appris que notre PDG, Pierre-Henri Sapert Bocoup avait l’idée de me remplacer « par un énarque de ses amis qui se trouve trop à l’étroit comme chef de cabinet du secrétaire d’Etat aux Anciens combattants ».

Certes, les anciens combattants, je connais, j’ai encore dans mes équipes un certain nombre de cobolistes et de rescapés de la révolution e-business, vous savez, celle où les slogans étaient « il est interdit d’interdire de faire des pertes ». Un énarque à la tête de la DSI de Moudelab & Flouze Industries ? Quelle idée ! Heureusement, j’ai un accès direct au bureau de notre PDG, avantage acquis de haute main en tant que membre du comité de direction. « ne vous inquiétez pas, mon cher Séhiaud, c’est une éventualité pour rendre service à un vieil ami, je n’ai encore rien décidé», me rassure PHSB, qui ajoute : « cela ne changera rien pour vous ». En clair, je continuerai à gérer l’opérationnel et ses désagréments et notre énarque récupérera les lauriers, en tant que super DSI. « Depuis le temps que vous tu lui casses les pieds avec le fait qu’un DSI doit être proche du business et oublier la technique, cela devait arriver…», me dit Hubert Henron, notre DAF, à qui je fais part de mes inquiétudes.

Il n’a pas tort : je n’ai jamais cessé d’insister sur le fait qu’un DSI qui ne connaît rien à la technologie peut être aussi compétent que celui qui a passé des années à se coltiner des cahiers des charges, à bricoler du code source ou à re-re-re-tester des applications congénitalement bancales. « M’enfin », comme dirait Gaston Lagaffe, ce n’est pas un raison pour me coller un énarque au dessus de moi, même avec une augmentation de salaire à la clé et un budget projets supplémentaire ! Finalement, le recrutement de l’énarque ne s’est jamais faite. Notre PDG s’est aperçu que l’ambiance d’une DSI n’a rien à voir avec celle d’un cabinet ministériel, même si nous aussi, nous avons notre lot de jeux de pouvoir, de placardisés, d’egos surdimensionnés et d’improductifs.