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01 novembre 2013

Je passe encore mon tour...

sehiaud-dvtdurable.jpgLa semaine dernière, j’ai reçu un e-mail « urgent » de notre directeur général qui annonçait une réunion extraordinaire du comité de direction. Bigre ! Va-t-il enfin nous annoncer sa démission « pour raisons personnelles » afin de profiter d’une retraite bien méritée au soleil d’un quelconque paradis fiscal ? Notre DAF aurait-il enfin compris qu’à force de manier des chiffres toute la journée cela finit par rendre dingo et annoncera-t-il son entrée imminente dans un établissement de long séjour avec sevrage de tableur Excel ? Notre directeur marketing aurait-il eu une révélation sur la vacuité de sa fonction et la fatuité du personnage qui l’occupe ? Notre DRH a-t-elle été victime d’un coup de blues après avoir essayé de lire dix fois « La gestion des talents pour les vraies nullardes » (Editions Dunoeu) sans comprendre plus de deux mots sur cinq dans la table des matières ? A moins que notre directeur général ne nous annonce que je suis viré sur le champ pour mauvais esprit et « critique non-constructive de décisions consensuelles », une formule qui serait du meilleur effet dans une lettre de licenciement.

Habituellement, il me remonte quelques bruits de couloir, j’ai mes sources à la DRH. Mais là, rien… Pas l’ombre d’un ragot, ni de frémissement d’une rumeur, ni d’apparition furtive d’une « information-exclusive-je-te-l’ai-pas-dit »

Trois jours plus tard, nous voilà tous assis autour de la table qui trône au milieu de la plus grande salle de réunion. Après les banalités d’usage, Pierre Henri Sapert-Bocoup consent à nous exposer les raisons de cette réunion inhabituelle pour un vendredi après-midi, jour pendant lequel au moins la moitié du comité de direction passe quelques heures sur un terrain de golf.

« Un chef d’entreprise doit changer les manières de faire et transformer les modèles économiques, facteurs de performance d’une organisation », commence notre DG. On ne voit toujours pas où il veut en venir, c’est un début de discours qu’il a déjà servi lors de la réunion avec les analystes financiers, qui se contentent pour la plupart de ce genre de banalités avant de massacrer notre cours de bourse. Il poursuit : « Il est une fonction stratégique dans l’entreprise que je souhaite considérablement renforcer… » Humm… Tout le monde se regarde et pense la même chose : il y a de la promotion dans l’air !

« J’ai ici la fiche de poste d’un manager que je considère comme l’un des plus importants dans l’entreprise. Les talents nécessaires à l’accomplissement de ses missions sont nombreux. Il s’efforce de réconcilier de multiples dimensions quand d’autres se décourageraient face à la complexité de l’équation ». C’est tout moi, ça…

« Il alerte à bon escient, transforme avec peu de moyens, donne le cap et embarque ses pairs sans être leur supérieur hiérarchique, ne fait-il donc pas preuve de capacités de leadership hors du commun ? »  Quand on vous le dit, c’est mon portrait craché !

« Pourquoi ne pas placer ce manager au cœur des décisions stratégiques qui orientent l’avenir de l’entreprise ? continue notre DG, celui ou celle qui conjuguera les connaissances tirées de postes de leadership opérationnel préalablement occupés, avec une intelligence multidimensionnelle, sera un candidat de premier rang au poste de directeur général ». Et voilà le travail ! N’est-ce pas le résultat de plusieurs années de travail acharné pour faire reconnaître la fonction de DSI dans l’entreprise ? Après tout, DG ne doit pas être plus fatigant que DSI… Au moment où tout le monde retenait son souffle et où chacun imaginait la nouvelle décoration de son nouveau bureau, notre DG nous a expliqué, après quelques secondes de suspens, qu’il allait recruter un directeur… du développement durable ! Et il nous a distribué à tous une petite brochure d’une dizaine de pages, dans laquelle j’ai retrouvé mot pour mot les éléments de son discours. Une brochure éditée par un grand cabinet de conseil et intitulée : « Attention, espèce protégée en voie d’apparition, le directeur du développement durable, futur président. » Évidemment, cela n’est pas tombé sur moi…

Apparemment, l’affaire lui a été vendue par des consultants qui ont insisté pour confier les sujets de la durabilité à des « cadres nécessairement exceptionnels », en français dans le texte. De quoi mettre un vernis de modernité sur des pratiques de management plutôt archaïques, un soupçon de vert dans le discours servi aux actionnaires, et faire passer notre DG pour quelqu’un de socialement responsable. Encore raté pour la promotion du DSI aux plus hautes fonctions…

 

 

 

 

 

 

 

23 avril 2013

Régime Ducon ®©, pour vous servir…

sehiaud-obesité.jpgNotre bien-aimé directeur général, Pierre-Henri Sapert-Bocoup n’aura jamais si bien porté son patronyme. Non pas qu’il ait encore creusé les pertes lors du dernier exercice fiscal, ça, il le fait tous les ans. Mais parce qu’il a perdu une bonne vingtaine de kilos superflus, grâce à la méthode Ducon®©, du nom d’un célèbre gourou qui s’est reconverti dans le business des régimes amaigrissants. A l’issue du dernier comité de direction, il (mon DG, pas le gourou) m’a expliqué les effets spectaculaires de cette méthode miracle, digne des meilleurs effets spéciaux jamais produits, même dans la grotte de Lourdes.

- Vous devriez, mon cher Séhiaud, dénicher un régime similaire pour faire maigrir notre  système d’information, dont je trouve qu’il a plutôt grossi ces derniers temps. Je dirais même qu’il est un peu bouffi, vous ne trouvez pas ?

- Heu, si, peut être…

Je me suis abstenu de lui rétorquer que, si nous en sommes là, c’est probablement à force d’être alimenté en permanence par des projets demandés par les directions métiers, qui ne se privent pas de les saupoudrer de technologies sucrées, de forcer sur de grasses fonctionnalités, le tout agrémenté de sauces politiques des plus aigres et gavées de cholestérol qui rendent les DSI hypertendus… Je me suis également abstenu de lui préciser que si son tour de taille avait diminué ce n’était pas le cas de ses chevilles…

Mais, finalement, l’idée d’un régime amaigrissant ne semble-t-elle pas judicieuse ? On pourrait ainsi imaginer une déclinaison pour les SI, à l’image de toutes les méthodes plus ou moins efficaces que l’on trouve sur le marché pour affiner sa silhouette. On aurait ainsi le régime MontignaaS, dans lequel on allège toutes les applications en les envoyant dans les nuages, l’hyperprotéiné en Open Source pour doper le TCO (Transforming Computer Obesity), le basses calories, très pauvre en nouvelles versions de logiciels et allégé en coûts de maintenance (dont on sait que c’est la première cause de mortalité des systèmes d’information), ou encore le régime californien, très riche en solutions de startup pas chères.

Le régime Wait Watchers, lui, serait basé sur le fait qu’avant de lancer chaque projet, on attendrait au moins six mois pour voir si les utilisateurs sont toujours si impatients de voir leur application enfin livrée. Probablement que, dans un cas sur, deux, ils se seront fait une raison, d’où une sacrée économie de lignes de codes dont on sait que, à l’instar du mauvais cholestérol, elles s’accumulent pour boucher les artères réseaux. Pourquoi ne pas également imaginer un régime crétois pour ceux qui ont beaucoup de dette technique à éliminer ? Ou encore le régime « Citron détox » qui laisse un goût amer quand on découvre la pauvreté des applications développées…

Je vous propose, pour savoir si votre système d’information est en surpoids, d’utiliser la même formule que pour les individus : l’indice de masse corporelle. Pour un individu, c’est le rapport entre le poids et le carré de la taille. Et pour un système d’information ? Plusieurs indicateurs, à suivre dans le temps, sont possibles : le rapport entre le nombre de lignes de codes et le carré du nombre d’utilisateurs (tiens, je suis curieux de faire le calcul…) ; le rapport entre le nombre d’applications et le carré du nombre de business units ou encore le rapport entre le nombre de réunions projets et le carré du nombre d’applications (avec celui-là, à coup sûr, on est tous en surpoids, limite obésité si les réunions s’éternisent…).

J’attends avec impatience les inévitables témoignages utilisateurs dont les promoteurs de régimes amaigrissants nous abreuvent, du style : « Moi, DSI, 45 ans, en surpoids informationnel depuis 2001, l’éclatement de la bulle Internet n’y ayant rien fait, j’ai adopté le régime Ducon®© et j’ai perdu en moins d’un exercice fiscal la moitié de mes applications, les deux-tiers de mes lignes de codes et mon budget a fondu d’un quart. Je me sens beaucoup mieux ! »

Tu m’étonnes ! Y’a plus qu’à s’y mettre…

 

 

17 avril 2013

Cloud toujours, tu m’intéresses…

sehiaud-cloud.jpgTous les médias en mettent une couche très régulièrement sur le cloud computing. C’est paraît-il, une tendance lourde. Effectivement, à voir (à défaut de les lire) tous les articles publiés sur ce sujet, ça commence à être lourd, voir lourdingue, comme dirait Joseph Inebecker, notre délégué de la FUC (Fédération unitaire con-fédérale) à propos des discours du notre DG lors des comités d’entreprises.

Chez Moudelab & Flouze Industries, mon entreprise bien-aimée leader sur son marché de la boulonnerie-visserie-quincaillerie industrielle, nous avons testé le mode cloud depuis longtemps. D’abord avec la messagerie, chez gogoloops.com, ensuite avec le CRM chez pasdeforce.com, un petit acteur qui a du mal à se faire un nom. Je pousse d’ailleurs toutes les directions métiers à regarder de près les offres en SaaS avec toutes ses déclinaisons possibles. Car ça fait longtemps que j’ai compris que l’externalisSaaSion constitue une bonne solution. Non pas pour mieux répondre aux besoins des directions métiers (même si c’est ce qu’on leur dit officiellement et droit dans les yeux, bien sûr), mais, surtout, pour accroître mon potentiel IT (Indice de Tranquillité).

Car n’oublions jamais, mes chers confrères, que pour un DSI, externaliser les emmerdements sur des tiers constitue une excellente solution pour préserver son avenir. J’ai ainsi définitivement éradiqué les récriminations des utilisateurs à l’égard de leur messagerie, et de plus ils peuvent stocker toute leur prose avec les 25 Go qui leur sont alloués. Et j’en ai profité pour mettre aussi dans le cloud mon équipe d’administration des serveurs de messagerie. Ils sont désormais utilisateurs actifs du service SaaSsedic.com. Pour le CRM, c’est la direction marketing qui a pris l’initiative et je me suis bien gardé de les dissuader… Il faut dire que les commerciaux de pasdeforce.com ont été très persuasifs, notamment en dénigrant les capacités de la DSI à satisfaire leurs besoins dans des délais courts et sans créer des usines à GaaS.

Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. J’ai lu dans un guide sur le cloud computing,  largement diffusé (vous l’avez peut-être sur votre bureau) par un de mes fournisseurs spécialisé dans le stockage, la phrase suivante, garantie véridique, nos amis d’EMC m’excuseront de ne pas les citer : « La longue et inéluctable marche vers le cloud computing est désormais en marche ». Je dirais même plus ! comme nous l’affirmeraient les Dupont & Dupont de la high tech. Bon, c’est sûr, « quand la longue marche est en marche, c’est sûr que ça marche, et réciproquement », aurait renchéri le fameux poète Lao Tsour Sing, illustre spécialiste du sujet. Une pensée aussi profonde a certainement nécessité quelques heures de réunion pour en peser tous les termes et veiller à ce que le lecteur attiré par ce sous-titre accrocheur comprenne bien la signification intrinsèquement cloudificatrice d’une telle affirmation, digne d’une autre longue marche, celle du penseur révolutionnaire MAO Céding (alias « MAîtrise d’Ouvrage, c’est fou !», en français dans le texte) qui avait affirmé bien avant l’heure (il fonctionnait en 24/24/7/7) que « Quand le SaaS est ouvert, la lumière inonde celui qui jacasse.»

Je vous vois venir, notamment ceux qui s’accrochent à leur fauteuil trônant au milieu d’une salle machine dont ils se considèrent comme le meilleur rempart contre les hordes de fournisseurs, avec leur slogan fétiche : « SaaS passera pas comme ça ». « Et lorsque nous aurons migré toutes nos applications en mode SaaS, que nous restera-t-il ? », me rétorquerez-vous. C’est simple, il nous (vous) restera la tranquillité, la vraie.

On peut même aller plus loin. Depuis que nous avons migré quelques applications en SaaS, le taux d’utilisation de ces applications a considérablement augmenté. Je vais donc demander à notre DAF et à notre DG d’être moi aussi payé selon le principe du SaaS : à l’usage ! Ainsi, à mesure que le système d’information sera de plus en plus utilisé, je gagnerai moi aussi beaucoup plus. Mais je doute quand même que cette audacieuse mesure de saine gestion des ressources humaines ait du succès. En attendant, je peux toujours rêver de mettre mon directeur général en mode CaaS-toi !

 

 

12 avril 2013

Votre boss est un tyran ? Faites-en autant !

sehiaud-boss.jpgDe temps en temps, entre deux réunions de comité de pilotage, il m’arrive de me plonger dans des lectures sérieuses. J’entends autres que les innombrables newsletters IT que nous recevons par mail tous les jours ou que les magazines sponsorisés par des fournisseurs « leaders sur leur marché selon le cabinet ForrestGartdata et son dodécagone magique ». Pour les ignares, je vous rappelle que le dodécagone est une figure de géométrie qui comporte douze sommets et côtés, possède 54 diagonales et la somme de ses angles est égale à 1 800°. Si avec ça, on n’est pas leader sur au moins un des sommets…

Bref, je me suis plongé dans la lecture d’un des numéros de l’excellent mensuel Le Monde Diplomatique (numéro de février 2012, dont je vous recommande la lecture, oui... je sais j'ai du retard dans la lecture des anciens numéros...). L’un des articles m’a d’emblée interpellé. Son titre, accrocheur : « Comment les tyrans prennent leurs décisions. » Ce sujet m’a semblé d’actualité, tant notre DG se comporte, non pas en dictateur, n’allons pas jusque-là, mais, pour rester politiquement correct, se montre pour le moins directif. D’aucuns diront qu’il est casse-c…, certains que c’est une tête de c…, d’autres que c’est un fieffé c… Remplacez la lettre c… par ce que vous voulez, selon votre inspiration.

Cet article, basé sur la triste réalité de l’Irak de Saddam Hussein et de la Syrie d’El Assad, permet de lister les quinze caractéristiques des circuits de prise de décision dans des dictatures elles aussi « leaders sur leur marché selon le cabinet Nass-Yonzuni ». Si dans votre entreprise vous repérez ces caractéristiques, vous avez deux options : soutenir le régime ou mener la révolution. Dans les deux cas, vous êtes foutu : soit vous serez viré lors du prochain coup d’état des actionnaires, soit vous passerez pour un traître aux yeux de vos clients internes… Reste une voie de sortie : devenir vous-mêmes un tyran. Je sens que certains d’entre vous brûlent d’impatience de savoir à quoi s’en tenir et comment passer du statut de victime à celui de bourreau. Voici donc les trucs, astuces et autres bonnes pratiques des meilleurs dictateurs du monde !

1. Bâtissez une bureaucratie centralisée, avec un fonctionnement pyramidal. Rien de tel pour contrôler tout ce qui se passe dans la DSI. C’est bien connu, l’esprit d’initiative et l’autonomie des collaborateurs n’amènent que des ennuis pour leur chef suprême…

2. Minimisez les ordres écrits : tout ce qui est consigné sur papier ou dans des e-mails pourra se retourner un jour contre vous. C’est bien connu, vous n’aimez pas la contradiction, surtout de la part de subordonnés. Et le langage oral facilite les petits arrangements entre amis.

 

3. Eliminez les ordres du jour pour chaque réunion : certes, cela contredit le premier principe (la bureaucratie centralisée) mais, là encore, c’est le meilleur pour éviter que l’un de vos collaborateurs ne mette en exergue certaines incohérences voire de franches contradictions dans vos actions et le suivi des dossiers.

5. Ne tolérez aucun points de vue pessimistes : ils minent le moral de tout le monde. Le mot d’ordre est donc de positiver.

6.  Bannissez toute discussion sérieuse sur les sujets vitaux, source d’ennuis potentiels pour les chefs. C’est le risque que quelqu’un ait une bonne idée pour résoudre un problème (voir point 9).

7. Instituez le culte de la personnalité : c’est la moindre des choses, si vous êtes chef c’est que vous le méritez ! N’allez tout de même pas jusqu’à afficher votre photo dans les couloirs de la DSI...

8. Ne freinez pas vos délires de grandeur, dépensez tout votre budget et ne lésinez pas sur les modules d’ERP ou de bases de données, ils serviront toujours un jour ou l’autre. Pensez également à faire appel aux consultants les plus chers.

9. Eliminez toute opposition et tout concurrent susceptible d’avoir une influence suffisante, c’est quand même vous le patron…

10. Mettez systématiquement chaque mauvaise décision sur le compte de quelqu’un d’autre, par définition le chef a toujours raison.

11. Soyez toujours détaché de la réalité, elle est souvent difficile à affronter. Laissez vos collaborateurs gérer l’intendance et les ennuis qui vont avec.

12. Adaptez-vous rapidement aux situations nouvelles… en changeant d’avis avec le plus d’aplomb possible.

13. Instituez des processus décisionnels imparfaits, la transparence est l’ennemi du tyran.

14. Face aux problèmes, privilégiez les solutions provisoires, cela permet d’agir vite et de créer l’illusion du dynamisme.

15. Etablissez un système de récompense et de sanctions pour vos collaborateurs, principe de base de tout régime autocratique.

 

07 avril 2013

Shoe code

sehiaud-shoecode.JPGLa lecture de l'une des études publiée par Best Research (« La boîte à outils du commercial IT » www.besresearch.fr), qui explique aux vendeurs de nos chers éditeurs de logiciels et prestataires de services comment vendre mieux et plus à leurs clients est passionnante (elle explique comment nous allons nous faire tondre en douceur par des petits malins…), mais il manque quand même un chapitre sur l’habillement, l’indispensable dress code que tout bon commercial doit maîtriser pour avoir une chance de nous vendre quelque chose. Je vous l’accorde, on reconnaît un commercial à deux kilomètres, vous l’avez certainement remarqué. Il suffit de flâner en fin de trimestre fiscal dans n’importe quel salon high-tech (pensez à enlever votre badge sous peine d’agression commerciale…).

L’autre jour, en écoutant d’une oreille vraiment très distraite un jeune commercial venu me vanter les délices de sa solution logicielle « leader sur son marché et capable de répondre à tous mes besoins d’alignement-compliance-rationalisation-baisse des coûts-sécurité… », j’ai jeté un coup d’œil sur ses chaussures. Je ne savais pas qu’un humain, même commercial, pouvait avoir des pieds aussi longs ! C’était au moins du vingt-cinq centimètres. On m’a expliqué que c’était une caractéristique des vendeurs que d’avoir des chaussures presque deux fois plus grandes que la taille de leur pied.

- Mais c’est la mode ! Tu n’es pas au courant ? m’a répliqué notre directeur marketing, qui claque au moins la moitié de son salaire royal dans des costumes dernier cri et… des chaussures taille 50 alors qu’il ne chausse que du 42.

- Heu… non, avouai-je en pensant aux chaussures bateau en tissu ou mocassins banals dont sont équipés pratiquement tous les collaborateurs de la DSI. Mais que font-ils pour combler le vide au bout de leurs pieds ?

- C’est simple, ils font comme dans leur vie professionnelle : ils comblent le vide avec des artifices, en l’occurrence du coton bien tassé…

Depuis, à chaque fois que je rencontre un commercial ou un consultant, je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil sur ses chaussures. Comment identifier un commercial avant qu’il n’ait ouvert la bouche pour vous saouler avec son argumentaire à deux balles ? Un commercial grand compte venu vous vendre un ERP affichera la totale : des chaussures cousues main de plus de vingt-cinq centimètres, avec une tige (c’est le dessus de la chaussure) presque plaquée or, en tout cas tellement bien cirée qu’on en a l’impression, une doublure épaisse et une semelle fine (les commerciaux débutants peuvent toutefois porter des talonnettes…) et « structure fibreuse originelle intacte », clamera-t-il pour impressionner ses collègues. Un commercial venu d’un éditeur moins connu ou d’un petit cabinet de conseil aura, lui, une chaussure plus souvent collée que cousue, avec un bout beaucoup moins pointu et un cuir de qualité moyenne.

- Si, à cinquante ans, un commercial n’a pas sa Rolex et ses chaussures pointues, c’est qu’il a vraiment raté sa vie, m’a expliqué notre directeur marketing, l’un des grands spécialistes du monde du Bling Bling…

Je suis persuadé qu’après avoir lu cette page, vous ne regarderez plus jamais un commercial comme avant…

26 septembre 2012

Vis ma vie... mais pas trop !

sehiaudvismavie.jpgL’émission de télévision de TF1 n’avait pas suffi ! Voilà que les cabinets de conseil s’y mettent... A quoi ? A un concept simple : « Vis ma vie », autrement dit échanger son emploi, temporairement, je vous rassure, contre un autre. En parcourant le Web, j’ai vu qu’un cabinet de conseil du nom de Kurt Salmon promeut cette approche comme un outil de management.

Que nous expliquent ces doctes consultants ? « De nombreuses entreprises ont transformé le concept de l’émission de télévision en véritable outil de management en instaurant un reversal day, une journée durant laquelle les collaborateurs sont amenés à partager le quotidien de leurs collègues. » Mieux, nous explique-t-on : « Ces initiatives sont largement bénéfiques. Elles permettent de renforcer le sentiment d’appartenance des employés, de leur faire découvrir la diversité des métiers de l’entreprise, et de développer l’esprit d’équipe et la communication interne, tout en offrant une image positive à l’extérieur. » Bref, c’est « un concept ludique qui trouve toute son utilité dans le domaine des systèmes d’information. Besoins mal exprimés, outils informatiques mal acceptés, incidents mal traités : les écueils des projets SI sont souvent causés par une fracture entre équipes « métier » et « IT », que le concept du « vis ma vie » peut contribuer à résorber. »

Sympa comme approche, non ? Vous me connaissez, j’aime le risque et j’ai voulu tenter l’expérience. Cela dit, inutile de demander à notre DG, il aime trop sa place, le salaire et les honneurs qui vont avec… J’ai demandé à notre DAF, Edgard Tadukash, mais il n’était pas chaud. Entre nous, je ne souhaitais pas vraiment qu’il vienne s’incruster dans la DSI, nous lui cachons quand même quelques éléments budgétaires pour conserver une partie de notre autonomie. Le patron de la logistique voulait bien tenter l’expérience mais pas avant l’année prochaine tellement il est à flux tendus. Quant à la DRH, Françoise Plansoc, si elle approuve l’idée « pour renforcer la cohésion du management », elle ne veut à aucun prix que l’on mette le nez dans la grille des salaires et autres menus avantages annexes dont bénéficient certains.

J’ai donc échangé mon job de DSI, pendant une semaine, contre celui de notre directeur marketing, Julien Sponss-Aurizé. Lorsque, pour commencer, j’ai demandé à voir la liste des fournisseurs et, pour chacun, ce qu’ils font pour nous et combien ça coûte, on m’a regardé d’un air étonné. « On a l’info, mais on n’a jamais trouvé le temps de consolider », m’a-t-on rétorqué. Je n’ai donc pas osé demander les business cases des projets réalisés par lesdits fournisseurs. J’ai aussi participé à des réunions sans pouvoir, malgré mes efforts, déterminer à quoi elles servaient, reçu des agences de communication qui m’ont abreuvé de slides sur « la stratégie digitale » et le « brand content »…

Selon les consultants défenseurs du « Vis ma vie », pour les DSI « l’enjeu est de leur faire prendre conscience de l’impact de leurs décisions et de leurs actions sur le travail quotidien de leurs collègues et pour les métiers de démystifier le SI tout en mettant le doigt sur sa complexité. »

- Alors, ai-je demandé à mon collègue, notre SI est-il démystifié dans ton esprit ?

- Heu… pas vraiment. Je pensais que votre boulot était d’un ennui mortel, je ne me suis pas trompé.

- Pourquoi ?

- Vous avez trop de processus, pour initier un simple projet il faut un business plan et travailler avec des fournisseurs référencés ! On passe son temps à remplir des feuilles Excel. Et tes collaborateurs parlent techno en permanence, ca devient pénible au bout de deux jours. Et quand je leur demande s’ils ont compris les besoins métiers du marketing, ils me répondent que Powerpoint, Illustrator, Photoshop et Excel suffisent largement pour « produire du vent ».

Je me suis abstenu de lui rétorquer que ce n’est pas tout à fait faux et qu’au marketing, ils n’ont jamais daigné répondre à nos suggestions d’utiliser un vrai outil de CRM prédictif pour l’analyse des ventes (« trop cher… »), une base de données produits digne de ce nom (« trop compliqué… ») et une gestion commerciale digne de ce nom (« pas utile… »). Bref un véritable système d’information marketing.

Je l’ai su par la suite, mon cher collègue a été très impressionné par notre outil de gestion de portefeuille de projet, par notre système de référencement et de notation de nos fournisseurs, par notre processus d’élaboration des business cases et par la motivation de nos équipes de support... Mais il ne l’avouera jamais, selon le principe de base de tout bon marketeur qui consiste à toujours cacher une partie de la vérité… En attendant d’échanger nos jobs de façon plus durable, j’ai suggéré à Julien Sponss-Aurizé de mettre un peu de technologies dans son marketing et, de mon côté, je vais verser une dose de marketing dans notre système d’information.

 

21 septembre 2012

Poubelle la vie

sehiaud-poubelle.jpgLe mois dernier, je croise Julien Sponss-Aurizé, notre directeur marketing, qui m’apostrophe ainsi :

- Dis donc, comment tes équipes sont-elles au courant de notre développement en Europe de l’Est pour 2014 et que l’on aura besoin d’étendre les fonctionnalités de l’outil de CRM ?

Tout ce que j’ai pu répondre (en français dans le texte) fut : « ???? ». Car je n’avais pas entendu parler de son projet. S’il fallait que je m’occupe d’anticiper des mois à l’avance les conséquences sur le SI de toutes les éventuelles et hypothétiques circonvolutions du business, j’y perdrais la faible énergie qui me reste, je n’aime pas gaspiller… Et, en général, j’attends que le sujet soit abordé au comité de direction pour regarder le dossier et les possibles ennuis, qui, eux, n’ont rien d’hypothétiques, que cela va générer sur l’activité de la DSI. Mais de son projet en Europe de l’Est, rien…

- Qu’est-ce qui te fais dire que nous sommes informés ?

- L’un de tes collaborateurs est venu me voir pour me demander de lui préciser nos besoins en accompagnement. J’aurais préféré que tu m’en parles directement plutôt que de m’envoyer tes sous-fifres... Et puis l’impact sur le SI, franchement, je n’en rien à faire, tu te débrouilleras très bien pour gérer ça une fois les décisions prises au Comex, c’est quand même ton boulot…

- Je n’ai donné aucune instruction dans ce sens, lui assuré-je. Qui est venu te voir ?

- Un certain… Marc Alaculott. Et il avait des infos très précises sur le business plan prévisionnel et le planning de déploiement. Mais ce n’était qu’un document de travail interne à la direction marketing, c’est pour cette raison que je ne t’en ai pas parlé.

- Je vais voir ça avec lui.

C’est qui celui-là ? Je connais la plupart de mes collaborateurs, mais comme je délègue beaucoup, il arrive que je sois victime collatérale du turn-over de mes équipes, surtout pour les études et développement. D’autant que nous faisons appel, comme tout le monde, à des prestataires externes et mon trombinoscope n’est pas systématiquement à jour. Le Marc Alaculott en question est un consultant du cabinet Meyeur Sainou Lémeyeur qui, d’après d’autres collaborateurs, a l’habitude de travailler tard dans nos locaux. J’ai rappelé mon collègue marketeux.

- Tu n’aurais pas laissé traîner des documents sur la photocopieuse ou dans une poubelle, par hasard ?

- Possible, nous avons fait une dizaine de copies papier des slides pour une réu interne.

- Ne cherche pas plus loin, c’est probablement l’explication.

Il m’est alors venu une idée que j’ai soumise à Julien Sponss-Aurizé. Nous avons fabriqué une fausse série de slides, faisant croire qu’un autre projet de nos amis du marketing était très avancé et détaillé nos besoins en prestataires externes pour le SI, en prenant bien soin de cibler les pays où le cabinet Meyeur Sainou Lémeyeur était le mieux implanté. Le document a été négligemment oublié, un soir vers 19 heures, dans la poubelle près de la photocopieuse, là où atterrissent les copies en surplus… Nous avons parié que les associés dudit cabinet saliveraient d’avance à la perspective de tripler leurs volumes d’honoraires et leurs bonus. Cela n’a pas loupé : dès le lendemain, j’ai reçu un appel d’un de leurs partners souhaitant faire un point avec moi « dans le cadre de notre fructueuse collaboration ». Et il a évidemment évoqué le contenu de notre présentation factice pour tenter de se positionner. Quand je lui ai expliqué le stratagème que nous avions mis en place il n’a absolument pas paru étonné. Ni même été pris de remords !

- Les poubelles ? Vous savez, un petit coup d’œil est toujours utile, tous les consultants font ça, et ça marche trois fois sur quatre. Notre business n’est pas facile et toutes les opportunités sont bonnes à prendre…

Après avoir prié Marc Alaculott de faire ses bagages (sans emmener d’autres documents), je viens juste de signer le bon de commande d’une dizaine de broyeurs dernier cri…

 

 

 

 

17 septembre 2012

SI d'apothicaire

sehiaud-apothicaire.JPGOn connaît les comptes d’apothicaires, qui sont, nous apprennent les encyclopédies, des « calculs compliqués, mesquins ou excessif dont les résultats n’ont aucun intérêt ». Toute ressemblance avec des business cases de projets informatiques ou des livrables de cabinets de conseil serait bien sûr purement fortuite.

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12 septembre 2012

DSI palefrenier

sehiaud-palefrenier.jpgMême les vieux DSI comme moi (ou plutôt les DSI seniors…) n’ont pas connu cette époque : celle d’avant le XXème siècle. Au hasard d’une visite d’un château médiéval dans le Centre de la France, pendant mes courtes vacances, j’ai pu déambuler jusqu’aux Ecuries, endroit bien à l’écart des nobles appartements du Seigneur et où l’activité, stratégique dès lors qu’il fallait guerroyer par monts et par vaux (sans blindés, ni GPS, mais avec des canassons entretenus, frais et dispos), ne faiblissait quasiment jamais.

Une analogie avec la DSI d’aujourd’hui ? Bien sûr que non. On imagine mal le Seigneur-directeur général reléguer dans des écuries-DSI des activités stratégiques (guerroyer contre la concurrence). Ce mode de fonctionnement n’aurait aucun sens… Mais, lorsque l’on pénètre dans lesdites Ecuries, figure sur l’un des murs le « Règlement d’Ecurie » qui s’applique à tous ceux qui œuvrent dans cet endroit stratégique. Un document sous-titré, pour les mal-comprenants : « Méthode à suivre pour les hommes dans leur travail ».

Là, l’analogie avec une DSI prend tout son sens. Passons sur les « soins à prodiguer aux chevaux » qui correspondraient, en gros, aux procédures de maintenance des matériels, sans le foin ni les paillasses. Passons également sur la nécessité de « nettoyer l’auge pour donner de l’avoine », en clair, donner suffisamment de travail aux développeurs et aux responsables d’exploitation.

Quatre préceptes sont mis en exergue dans le « Règlement d’Ecurie ». On suppose qu’il s’agit des principes les plus importants (on dirait aujourd’hui des bonnes pratiques, ou des Best Practices, dans les Ecuries anglaises). Le premier : « Le temps nécessaire pour chaque chose ». Ce principe devrait être rappelé à beaucoup de nos clients internes qui ont tendance à vouloir tout pour le lendemain. Second précepte essentiel : « Chaque chose en son temps ». Là encore, ceux qui nous mettent la pression pour raccourcir les délais et, surtout, gérer de nombreux projets en parallèle, devrait assimiler ce principe de bon sens.

Le troisième précepte est lui aussi fondamental dans l’esprit des concepteurs du Règlement d’Ecurie : « Une place pour chaque chose ». Précepte que l’on pourrait traduire par : « Une valeur pour chaque projet ». Donc, un projet qui ne correspond à rien en termes de création de valeur et qui est juste demandé pour le confort de certains, ne doit pas trouver sa place dans le portefeuille de projets.

Dernier précepte, dans le prolongement du précédent : « Chaque chose à sa place ». Un principe qui peut s’appliquer au partage des responsabilités, en particulier pour la validation des choix techniques par la DSI, par rapport aux idées préconçues et quelquefois farfelues des directions métiers.

Mais certains principes en vigueur dans les Ecuries ne pourront jamais s’appliquer à une DSI. Par exemple : « S’habiller en tenue de jour pour aller aux ordres ». D’autres sont déjà appliqués depuis longtemps sans qu’il soit besoin de les rappeler, par exemple : « Tout homme d’écurie doit n’avoir en travaillant ni veste, ni cravate, ni gilet, ni bretelles. » On aurait même quelquefois besoin de rappeler que le contraire, à voir la tenue débraillée de certains de nos collaborateurs…

Dernière analogie entre le monde des systèmes d’information et celui des équidés. Dès lors que nos clients internes se sont fourrés dans une impasse (incapables, par exemple, de lancer une nouvelle offre sans un nouveau système d’information alors qu’ils croyaient s’en passer…), comme dans les bons westerns, la cavalerie de la DSI arrive toujours au bon moment pour que l’histoire finisse bien…

18 juin 2012

Pas vu, pas pris... enfin presque !

sehiaud-print.jpgDans le cadre de notre stratégie de réduction des coûts, je me suis attaqué à la rationalisation de notre parc d’imprimantes. Nous en avons plusieurs centaines et c’est le résultat d’un empilement de demandes. Chaque cadre, chaque manager et même chaque utilisateur a tendance à exiger son imprimante individuelle…

J’ai tout entendu comme justifications : « Nous imprimons des documents confidentiels », affirme-t-on à la direction générale et chez le DAF… « Il nous faut de la couleur pour les Powerpoint », nous rétorque-t-on à la direction marketing…  « Je suis manager, donc j’y ai droit », m’affirment sans rire les cadres de direction de notre usine de Vatexibé-sur-Seine… « Des imprimantes partagées ? C’est la porte ouvert au flicage des travailleurs », clame Henri Caumassiasse, le délégué de la FUC (Fédération unitaire confédérale), parlant également au nom du SOT (Syndicat des ouvriers et travailleurs)… « Faire des allers-retours jusqu’à une imprimante partagée n’est pas bon pour la productivité », nous expliquèrent aussi les bras cassés qui ne tiennent pas le même discours dès qu’il s’agit d’aller fumer une cigarette ou de passer de longues minutes à la machine à café…

Mais qu’importe : la réduction des coûts ne se discute pas ! Nous avons commencé par une méthode douce. Joseph Inebecker, notre responsable des services généraux, a reçu comme consigne de retarder systématiquement de trois jours la livraison des consommables à tous ceux qui disposent d’une imprimante individuelle.

Et, il va de soi, de l’avancer de deux jours pour les quelques imprimantes partagées existantes. Mais cela n’a pas été extrêmement efficace : la plupart des utilisateurs ont acheté eux-mêmes leurs consommables et certains se les ont fait rembourser en notes de frais. J’avais suggéré qu’il serait judicieux de retenir à la source le prix des consommables sur la fiche de paie de celui qui les commande, mais la DRH ne pas m’a suivi (il faut dire que son service ne se prive pas d’imprimer en couleur les photos de vacances, des pots de départ et les portraits des rejetons à chaque nouvelle naissance…).

Nous avons donc pris des mesures plus radicales : suppression de toutes les imprimantes individuelles et achat d’un parc d’imprimantes partagées. Et pour ces dernières, nous avons installé des modèles utilisables uniquement en noir et blanc. A ceux qui me demandaient pourquoi, j’ai expliqué que la DSI s’était inspirée d’Henry Ford qui affirmait que ses clients avaient bien sûr le choix de la couleur de leur véhicule, à condition qu’elle soit noire.

Toutes ces belles machines de marque « C’est Rosse » ont été reliées à un système de pilotage centralisé censé faciliter la maintenance. Plus rien ne pouvait nous échapper ! Comme nous avons des bureaux dans toute la France, nous avons chargé un prestataire externe d’installer toutes les machines sur site. Quelle n’a pas été notre surprise, lorsque nous avons mis en œuvre notre application de télémaintenance de ne pas avoir la vision globale de l’ensemble du parc.

Il nous manquait une dizaine de sites. Notre prestataire nous a pourtant confirmé avoir bien installé la nouvelle machine, mais impossible de la visualiser dans l’outil de supervision ! Nous avons donc prévenu les responsables de sites que nous irions vérifier sur place : et, par miracle, les machines étaient effectivement installées ! Puis disparaissaient le lendemain de notre visite.

Nous avons depuis trouvé la solution de l’énigme : elle se trouvait dans les fichiers de sauvegarde. Ils contenaient des milliers de photos et les imprimantes étaient largement mises à contribution pour éditer en haute définition tous ces moments personnels, avec des pics en septembre (retour de vacances), à Noël (Ah ! les fêtes…) et en février (le ski !).

C’est sûr, imprimer en noir et blanc, c’est moins classe ! Les machines couleur avaient en fait été planquées dans un placard et le prestataire n’avait pas posé de question quand les responsables de sites avaient expliqué qu’ils conservaient les machines couleur comme imprimantes de secours. Depuis que nous avons menacé de déconnecter le système de messagerie et les accès à Internet à chaque fois que l’icône d’une imprimante disparaîtrait de notre outil de supervision, nous n’avons plus aucun problème. Et notre facture de consommables a chuté de 47,8 %...