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08 mars 2010

Qui c'est qui a fait le con ?

sehiaud-maif.JPGQu'apprends-je en lisant mon quotidien favori La Nouvelle République ? Qu'un grand constructeur, IBM pour le nommer, est condamné à payer à l'un de ses clients, l'assureur Maif, pour le nommer aussi, la somme rondelette de 11 millions d'euros. IBM aurait « sciemment » sous-estimé les délais et les coûts du projet pour décrocher le contrat. On connaît les techniques classiques des fournisseurs, qui serrent les prix pour se rattraper sur les avenants, une fois que le client est ferré. Mais là, ils ont poussé un peu fort la machine à avenants : la facture initiale est passée de 7,3 millions à 18 millions.

Qui c'est qui a fait le con ? A mon avis, les deux parties. Le constructeur d'abord, où personne n'a stoppé la machine infernale qui va lui coûter quelques points dans son image de marque et une bonne dose de ridicule quand ils iront expliquer qu'ils appliquent les « best practices » de gestion de projet (cliquer ici pour les rires enregistrés). Mais que les concurrents ne se réjouissent pas trop vite, ca peut leur arriver aussi. On ne citera pas de noms, mais ils sont bien connus les intégrateurs et les SSII qui oublient des zéros dans leurs réponses à appel d'offres pour les retrouver miraculeusement quelques mois plus tard (leur patron a dû aller à Lourdes prier pour la réussite du projet...). Le DSI aussi a joué avec le feu : ne pas voir qu'un projet dérape dans de telles proportions relève d'une certaine légèreté. Mais si le DSI est très compétent, admettons cette hypothèse, je voudrais bien connaître les stratagèmes utilisés par IBM et les équipes internes de la DSI pour masquer l'ampleur des dégâts. Ils avaient peut-être embauché un lointain cousin de Madoff... Au fait, à la MAIF, ils vont pouvoir déclarer leur sinistre en ligne : leur site web fonctionne, il n'a pas été développé par IBM, surnommé chez nous, depuis cette affaire, « Importateur de Bugs Masqués ».

 

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25 février 2010

Et l’économie immatérielle, c’est du poulet ?

 

sehiaud-challenges.jpgLa Une du magazine Challenges, paru le 25 février, devrait faire réfléchir tous les DSI. Comme raccourci, on ne peut guère faire mieux ! Voici donc que notre Président assène : « Si on ne garde pas d'usines, on n'aura pas d'emplois. » Ce qui signifie, si l'on lit un peu trop vite : « Il n'y a que dans les usines qu'il y a des emplois. » C'est oublier un peu vite tout le secteur tertiaire et, en particulier, tous les travailleurs des technologies de l'information, et, plus généralement, les « travailleurs du savoir » comme les appellent les sociologues.

Loin de moi l'idée de plébisciter les délocalisations industrielles qui, on le sait, suppriment des emplois. Mais, selon l'Insee, les emplois dans les « secteurs technologiquement innovants » représentaient quand même, en 2008, 1,584 million de salariés (trois millions dans l'industrie). A la page 6 de ce même numéro de Challenges, figure une publicité pour IBM, avec comme slogan : « Comment saisir les opportunités à temps ? » Bonne question... Et notre Président devrait méditer cette maxime du célèbre philosophe chinois Laô Tsour Singh : « C'est justement parce que l'on délocalise des emplois industriels qu'il faut promouvoir l'économie numérique. »

 

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18 février 2010

Informatique-automobile : Un partout

sehiaud-voiture.jpgDepuis le temps que l'on dit que les défauts de qualité des logiciels, si on les retrouvait dans les voitures, cela serait catastrophique ! Combien de fois ai-je entendu mes honorables collègues railler les éditeurs de logiciels, accusés d'être incapables d'appliquer à leurs produits les standards de qualité que l'on trouve dans l'automobile ! Ils avaient bien raison.  La comparaison devient aujourd'hui plus hasardeuse, avec l'affaire Toyota. Et les constructeurs automobiles avaient bien besoin de ça ! Pourquoi ne nous ont-ils pas demandé conseil ? Nous leur aurions expliqué qu'intégrer des logiciels partout, ces fameux « embedded software » est très risqué. Que l'on est jamais certain que tout soit testé de manière exhaustive... Que la qualité du code laisse parfois à désirer... Il va falloir que nos chers constructeurs nous fabriquent des véhicules certifiés CMMi. Pour l'instant, ils ont plutôt adopté le standard CMM (Conduite Moyennement Maîtrisée) !

 

 

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21 janvier 2010

Mais où est Gilles ?

sehiaud-charlie.jpgOn me parle sans cesse de la méthode à Gilles. « C'est super pour mieux développer », « Ah ! Si on avait appliqué la méthode à Gilles, on en serait pas là », « La méthode à Gilles, c'est l'avenir ! », entend-on dire. Mes équipes m'interpellent avec ce Gilles, les conférences auxquelles j'assiste sont remplies de référence à la méthode à Gilles.

Mais, c'est qui celui-là ?

On ne connaît même pas son nom, cela ne doit pas être sérieux : un type qui se planque, il ne doit pas être très net, je suis bien placé pour le savoir, moi qui me cache derrière un pseudonyme pour éviter que ma DG me tombe dessus. J'ai dans ma bibliothèque un ouvrage pour enfant qui s'appelle : « Mais où est Charlie ? », littérature que l'on offre aux bambins pour qu'ils nous fichent la paix, pendant qu'ils cherchent dans des milliers de personnages dessinés celui qui a son tee-shirt rouge et blanc (avec une bonne tête d'informaticien, vous avez remarqué ?). « Mais où est Gilles ? » : on pourrait se poser la même question tant il est populaire dans notre milieu. J'ai longtemps crû qu'un type dans son coin avait conçu une méthode révolutionnaire pour développer mieux et plus vite. Jusqu'à ce que mon directeur des études m'explique qu'il s'agit de la « méthode agile ». Ca change tout ! Je prends le pari avec vous : à chaque fois que vous entendrez parler de « méthode agile », vous ne pourrez réprimer un sourire en pensant que la « méthode à Gilles » c'est peut-être bien aussi... Dites-moi si j'ai gagné mon pari...

 

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15 janvier 2010

Le Triangle des RH

sehiaud-liaisonssociales.jpgCa y est ! Les systèmes d'information ont disparu, non pas dans le triangle des Bermudes, mais dans le triangle des ressources humaines. Tous les ans, notre DHR, Françoise Plansoc, me transmet, par courrier interne, le numéro de fin d'année du mensuel Liaisons Sociales. Chaque année, à la même époque, cette excellente publication nous livre les résultats de son « baromètre européen de la fonction RH ». Nous livrait serait plus exact... J'ai eu beau parcourir les neuf pages du dossier, on ne parle pas des systèmes d'information ressources humaines. Les années précédentes, il y avait au moins deux pages pour nous expliquer comment les DRH voient les systèmes d'information.

J'ai vérifié la pagination, des fois que la DRH ait découpé l'article, considérant que les systèmes d'information sont tellement importants qu'il faut conserver toute la littérature sur le sujet. Mais non, toutes les pages sont là... J'ai lu tous les articles afin de vérifier si les systèmes d'information ne se seraient pas glissé entre quelques lignes. Mais non... Et alors, ils sont passés où nos systèmes d'information ? Nulle part...

Pourtant, lorsque l'on regarde les résultats du baromètre, nos chers DRH affirment que leurs préoccupations restent de maîtriser les coûts de la fontion RH, d'améliorer l'engagement des salariés et d'accompagner la croissance de l'entreprise. Je vois mal comment nos chers DRH peuvent atteindre ces objectifs sans un bon système d'information. Mais je dois avoir l'esprit mal placé, ce ne serait pas la première fois !

Le pire, c'est que l'un des sponsors de ce baromètre est une SSII bien connue : CSC. Et, vu ce qu'ils ont dû payer pour financer l'enquête, ils ne sont pas foutus d'identifier un volet systèmes d'information comme les années précédentes ? Je ne le crois pas. Où alors, ils ont gardé les résultats rien que pour eux ? J'ai du mal à le croire aussi. Pour l'instant, le mystère demeure : où sont donc passés les systèmes d'information dans le baromètre Liaisons Sociales des ressources humaines ? Je vais attendre le numéro de novembre 2010. Le suspens est insoutenable...

 

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08 janvier 2010

"Une pause lecture sur la DSI"

sehiaud-dsi.JPGEn lisant l'édition du 7 janvier 2010 du quotidien 20 Minutes, je tombe sur un titre que j'ai relu deux fois : « Une pause lecture sur la DSI ». Tiens, la presse grand public s'intéresse donc à notre métier ? Bon d'accord, en lisant bien, on voit qu'il s'agit de la DSI XL de Nintendo, qui inclut désormais une fonction de livre électronique. Mais l'expression « pause lecture sur la DSI » me plaît bien. Ne faudrait-il pas instaurer une telle « pause lecture » dans nos DSI (les vraies, pas les consoles japonaises) ? Et elle s'appliquerait tout autant à nos collaborateurs qu'à nos chers clients internes, j'ai nommé les directions métiers. En effet, cela ferait du bien à tout le monde de faire une pause pour relire les cahiers des charges : pour s'apercevoir qu'on a oublié de développer la moitié des fonctionnalités demandées, ce qui fait râler les utilisateurs...

De relire les « business cases » pour s'apercevoir que tel projet ne pouvait pas tenir la route et que c'était écrit entre les lignes...

De relire les rapports annuels aux actionnaires pour s'apercevoir que ce que l'on nous demande en catastrophe était inscrit dans la stratégie Corporate depuis deux ans et que l'on aurait pu s'y préparer...

Ou encore de relire ne serait-ce que les slides de présentation des projets aux comités exécutifs pour s'apercevoir que ceux qui les ont conçu n'ont rien compris au film et que personne ne leur a fait remarquer...

Ou enfin de relire les propositions commerciales de nos fournisseurs et cabinets de conseil pour s'apercevoir que l'on va se faire avoir en beauté à coup de suppositoires d'avenants et de potion amère de maintenance non remboursés par la sécurité sociale des projets malades...

C'est vrai que si on passait notre temps à lire beaucoup viendraient nous le reprocher. Alors : au boulot ! La lecture attendra les prochaines vacances ! Si on a le temps... Quant à la DSI XL, je préfère la "DSI XXL" !

 

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07 janvier 2010

Chef des ordinateurs, et puis quoi encore !

sehiaud-job.jpgUne publicité pour un site de recrutement présente un jeune homme plein d'avenir. C'est du moins ce qu'il dit... Il nous explique, en effet, que grâce à monjobalacon.com : « Quand je serai grand, je serai chef des ordinateurs ! ». Alexandre, puisque c'est son prénom, « est aujourd'hui analyste programmeur, il aime son métier, mais il ne va pas s'arrêter là. » Bigre... Il ne va pas s'arrêter là ? Si ca se trouve, il ambitionne de devenir DSI : « chef des ordinateurs », ca ne peut être que ça. Bon, il peut devenir patron du help desk, il sera « chef des emmerdements des ordinateurs ». Il peut aussi devenir chef des services généraux, il pilotera la livraison des ordinateurs à nos utilisateurs. A mon avis, il est plus ambitieux. D'une part parce qu'il a l'intention «  de se former pour évoluer aussi vite que ses machines ». On devine le winner sous sa chevelure abondante... D'autre part, parce que, nous rappelle la pub, Alexandre « est né avec une souris dans la main. » J'imagine que ses parents ont été ravis de le voir ainsi affublé d'un accessoire indispensable au développement d'un bébé (joufflu certainement, si l'on en croit la photo dudit Alexandre). Les créatifs de pub ont certainement oublié d'être bêtes (ceux qui rigolent dans le fond seront immédiatement mutés au help desk...), ils ont consommé des tonnes d'études de marché pour dresser le profil du DSI du futur : à coup sûr, c'est notre Alexandre... « Avec monjobalacon.com, réussir sa carrière, c'est aussi réussir sa vie », nous dit la pub. Manquait plus que ça... Mais il faut s'y faire : la nouvelle génération de DSI va nous pousser dehors. Cela dit, s'il veut « évoluer plus vite que ses machines », comme nous le présente la pub, notre Alexandre, il va falloir qu'il se lève de bonne heure ! Et si il la ramène un peu trop, on pourra toujours lui dire d'aller voir dans le Cloud si on y est !

 

 

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27 décembre 2009

Qui c'est qui trinque ?

Le mensuel économique Capital a publié dans son numéro de décembre un dossier "Carrières et salaires", dans lequel il passe en revue les métiers qui "ont le vent en poupe" et ceux qui trinquent. Je me suis évidemment jeté dessus dès que je l'ai vu en kiosque. Et là, horreur ! Je constate que le métier de DSI est classé parmi ceux qui trinquent: "Trop peu de postes par rapport au nombre de candidats sur le marché. Résultat : leurs rémunérations, parmi les plus élevées de la profession, sont soumises à une forte pression". Mais où le journaliste Bruno Declairieux a-t-il été cherché tout ça ! Des rémunérations parmi les plus élevées de la profession ? Faut voir... Il est vrai que par rapport à un développeur indien, nous sommes plutôt bien payés... Trop de candidats sur le marché ? Peut-être, tellement il y a eu de dégraissages qui ont conduit nombre d'ex-DSI à se reconvertir comme consultant indépendant pour ne pas perdre la face. Une forte pression sur les salaires ? C'est certainement vrai : je ne me vois pas aller quémander une augmentation, même symbolique, pour 2010. On me répondra certainement que, du fait "du nombre élevé de candidats sur le marché", je peux aller me reconvertir en consultant indépendant quand je veux... Au fait, c'est quoi les métiers qui "ont le vent en poupe " ? Architecte-urbaniste, reponsable de pôle Web, responsable des contrats de services, responsable sécurité et ingénieur études-développement. Oui, mais en attendant, c'est moi le chef de ces gens-là...

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24 décembre 2009

Petit joueur !

sehiaud-rer.JPG« Ivre, positif à la cocaïne et au cannabis, conducteur sans assurance : il endommage des infrastructures et cause des millions d'euros de dégâts ». L'affaire de l'accident du RER C a fait pendant plusieurs jours la Une des tous les médias grand public. Tout ça pour nous expliquer qu'un type tout seul peut créer des dommages sévères et des pertes financières tout aussi sévères. Bon, d'accord... C'est bien regrettable. Mais le type en question n'est qu'un petit joueur ! Imaginons ce qu'un DSI, ivre, positif à la cocaïne et au cannabis pourrait causer comme dégâts !

La facture pourrait atteindre facilement quelques centaines de millions d'euros. Voire même des milliards pour un DSI d'une entreprise multinationale. Il suffit, accidentellement bien sûr, de bousiller quelques mainframes, de saboter quelques serveurs DNS ou de couper toutes les messageries. Un sacré bazar en perspective ! On imagine les titres des journaux : « Un DSI ivre et drogué perd le contrôle de son véhicule immatériel à cause d'un verglas bogué persistant et endommage les infrastructures. » Il va peut-être falloir que j'interdise définitivement les pots à la DSI... On ne sait jamais.

 

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23 décembre 2009

Travailler plus ? Non... Gagner plus ? Oui !

sehiaud-euros.jpg Le slogan sarkozien « Travailler plus pour gagner plus » ne me convient guère. En tant que DSI, on a déjà donné dans le « travailler plus » sans avoir de contreparties sonnantes et trébuchantes. Encore que :  j'en connais qui ont bien trébuché avec leur ERP... et d'autres qui se sont faits sonné les cloches pour avoir dérapé sur les projets. Je préfère, de loin, le slogan « gagner plus ». Certes, cela fait plus dépouillé. Comment faire ? Ma bonté naturelle m'incite à partager les dix moyens de gagner plus lorsque l'on est DSI mal payé et que l'on a envie que ça change.

1. Attribuez-vous les primes qui reviennent à vos équipes : après tout, n'êtes-vous pas le seul responsable devant la direction générale et les directions métiers ? Vous payez assez cher vos échecs (c'est vous qui serez virés, et certainement pas les vrais responsables des délais à rallonge, des dépassements de coûts ou des erreurs dans la qualité des développements), alors pourquoi ne pas vous attribuer les lauriers des réussites de la DSI  : il suffit de l'expliquer à vos équipes, elles comprendront certainement votre point de vue. Enfin, en principe...

Avantage : peut rapporter gros si vos collaborateurs sont productifs.
Inconvénient : ne fonctionne qu'une seule fois et se traduit par une démotivation. A pratiquer si vous envisagez de quitter votre poste dans les prochains mois.

2. Planifiez sur six mois la participation aux conférences, petits-déjeuners, déjeuners et cocktails offerts par tout ce que la place compte d'éditeurs de logiciels, de SSII et de cabinets de conseil en mal de nouveaux clients et qui pensent qu'en nous invitant ils nous fourgueront plus facilement leurs produits (Laissons-leur leurs illusions... et bon appétit).

Avantage : économie directe sur la carte de cantine, permet de voir du monde... et de ne plus voir certains de vos collègues que vous ne supportez plus.
Inconvénient : prise de poids et élévation du taux de cholestérol.

3. Faites-vous systématiquement payer pour participer à des conférences : lorsqu'un de vos fournisseurs préféré vous demande d'intervenir dans l'une de ses conférences pour vanter les mérites de la solution que vous lui avez achetée en jouant la comédie pour affirmer sans rire que tout c'est bien passé dans le meilleur des monde de l'informatique, faites-vous payer ! Si vous ne savez pas combien, téléchargez la grille des cachets des intermittents du spectacle.

Avantage : c'est vous qui fixez les tarifs, alignez-vous sur ceux des consultants très senior, soit au minimum 2000 euros par jour.
Inconvénient : un minimum d'organisation est nécessaire, ainsi qu'une structure de facturation (le statut d'auto-entrepreneur est parfait pour ce genre d'exercice).

4. Recyclez tous les slides produits par la DSI pour écrire un livre. Les consultants le font bien ! Pourquoi n'en profiteriez-vous pas ? N'êtes-vous pas le mieux qualifié pour parler de management des systèmes d'information. Que quelqu'un ose dire la contraire !

Avantage : des droits d'auteur et une porte ouverte pour vendre plus cher votre expertise.
Inconvénient : nécessite un minimum de rédaction, mais un stagiaire pendant deux mois l'été peut faire l'affaire. N'oubliez pas de lui dédicacer un exemplaire gratuit, c'est le minimum...

5. Alignez vos avantages sur ceux de vos collègues : primes sur objectifs, participation, intéressement, abondement, avantages sociaux (mutuelle, prévoyance et retraite), gâteries en nature (voiture, téléphone, abonnement à un club de golf), stock-options et plan d'actionnariat d'entreprise, quotas de notes de frais, autorisation de voyager en First Class : êtes-vous certain d'être sur un pied d'égalité avec vos collègues des directions métiers ? Qui sait si l'un d'entre eux n'a pas obtenu en douce de la direction générale une petite dérogation pour obtenir un gros avantage ? Demandez un alignement systématique. Sinon, n'hésitez pas à balancer des rumeurs à la machine à café... Comment ca, cela ne se fait pas : vous voulez gagner plus, oui ou non ?

Avantage : votre statut social se trouve amélioré. Vous allez pouvoir impressionner vos collègues et toute votre famille.
Inconvénient : Je n'en vois pas, sauf si, à cause de vous, votre PDG supprime tous les avantages des managers parce qu'il en a ras le bol des querelles dignes des cours de récréation.

6. Faites-vous prêter des logiciels et des machines par les fournisseurs. Ah bon, vous le faites déjà systématiquement pour approvisionner votre famille et vos amis ? Passer au point suivant...

Avantage : bénéficier de tous les gadgets modernes sans débourser un sou, c'est pour la bonne cause.
Inconvénient : cette technique ne fonctionne que temporairement.

7. Changez la dénomination de votre poste : passez de directeur informatique à CIO (Chief Information Officer) ou Chief Executive de ce que vous voulez. Bon, c'accord, ce n'est pas facile, mais à force de conviction sur « la valeur ajoutée des systèmes d'information pour la compétitivité de notre entreprise » (relisez les œuvres complètes de Monsieur Cigref), vous devriez arriver à décrocher une augmentation auprès de votre direction générale. Plan B : demandez à vous occuper de la téléphonie, ca mérite bien une augmentation puisque votre périmètre se trouve modifié !

Avantage : votre fonction se trouve valorisée sans rien faire.
Inconvénient : si vous récupérez la téléphonie dans votre périmètre, bon courage avec les utilisateurs, vous avez intérêt à apprendre par cœur le mode d'emploi des téléphones de quinzième génération. Ils vont tous vous appeler au secours pour savoir quelle touche enfoncer pour prendre un double appel.

8. Changez de fonction : le mieux, pour gagner plus, c'est de devenir directeur général, au moins adjoint. Comme ceux en place ne vous laisseront jamais leur place (surtout s'ils bénéficient de retraites chapeaux confortables et de voitures de fonction non moins confortables et de notes de frais non non moins confortables), suggérez la création d'une filiale en charge de gérer le système d'information, et que vous y soyez nommé à la tête. Vous voilà DG !

Avantage : En principe, vous ferez le même travail qu'avant.
Inconvénient : Vous allez vous coltiner les représentants du personnel et les délégués syndicaux. Pensez à changer les sièges de la salle de réunion pour être assis confortablement.

9. Si vous n'avez plus rien à perdre, franchissez les frontières de la légalité : emplois fictifs (vous n'avez un petit neveu consultant qui peut vous rétrocéder une partie de ses honoraires ? Cherchez bien !), sociétés écrans (même principe que précédemment, vous prenez le même petit neveu consultant mais vous serez payés en dividendes), fausses factures (même principe que précédemment sauf que le petit neveu consultant n'est pas obligé de venir travailler). Si vous vous faites pincer, affirmez que ces pratiques sont très courantes et que vous ne saviez pas que c'était interdit... C'était juste pour rendre service. Pour les plus téméraires, menacez de faire sauter le système d'information : certains administrateurs réseaux ne s'en sont pas privés pour renégocier les conditions de leur départ...

Avantage : vos revenus feront un bond significatif.
Inconvénient : à votre avis ?

10. Couchez avec le/la DAF. Si les techniques précédentes ne fonctionnent pas et pour les plus courageux, vous pouvez recourir à cette méthode en dernière extrémité : mais c'est selon, le physique des DAF n'est pas toujours systématiquement ingrat, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit... Et puis, il y a toujours la beauté intérieure pour vous consoler !

Avantage : il ou elle ne pourra rien vous refuser.
Inconvénient : toute l'entreprise sera au courant dès le lendemain. A vous de trouver les bons arguments pour justifier votre acte et tenir le coup face aux ricanements collectifs.

Si vous avez appliqué les principes 1, 9 et 10, le changement d'entreprise s'impose. Ne serait-ce que pour les appliquer une seconde fois sans que votre futur employeur ne se méfie de vous, surtout si vous avez appliqué les conseils 4 et 7, vous aurez une réputation d'enfer ! Profitez-en d'ailleurs pour demander une rallonge dès la fin de votre période d'essai.

 

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