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OLIVIER SEHIAUD - Ma vie quotidienne de DSI... - Page 4

  • Qui a lu verra

    sehiaud-livres.jpgComme les vacances d’hiver approchent, j’ai prévu de me reposer en emmenant de la lecture à la campagne, un endroit perdu au milieu de nulle part, dans le centre de la France. L’avantage ? C’est l’un des seuls lieux où le téléphone portable ne passe pas et où Internet n’est pas encore installé, dans les vieilles fermes auvergnates. Il me reste à choisir les ouvrages qui vont me tenir compagnie durant les trois semaines pendant lesquelles je vais m’extraire du monde des systèmes d’information. J’ai donc commencé à parcourir ma bibliothèque mais j’avoue que j’ai été particulièrement déçu. Moi qui voulais m’extraire de mon quotidien, je m’aperçois que, quelle que soit l’œuvre que je vais choisir, cela va me rappeler inévitablement le bureau.

    SI je retiens « Les Misérables » de Victor Hugo ou « La peau de chagrin », de Balzac, cela va me rappeler ma situation budgétaire et, dans la perspective de la rentrée, ce n’est pas le moment… Si je préfère « 20 000 lieues sous les mers » de Jules Verne, cela va me faire penser à l’état d’avancement de notre projet de déploiement d’un ERP au niveau mondial… Si je sélectionne « Les causes perdues », de Jean-Christophe Rufin, je vais sûrement ruminer mes arguments pour disposer de plus de moyens en septembre…

    Si je choisis « Le dernier jour d’un condamné », de Victor Hugo, « La bête humaine » d’Emile Zola  ou « Le coup de grâce » de Maurice Druon, je vais penser à ma situation personnelle et passer mes vacances à refaire mon CV… Si je privilégie « Crimes et châtiments » de Dostoïevski, je ne pourrais m’empêcher de me remémorer l’ambiance de suspicion qui règne dans l’entreprise dès lors que l’on parle de la DSI, notamment de la part des utilisateurs qui se posent en victimes face aux contraintes qu’on leur impose. Si j’opte pour « L’assommoir » d’Emile Zola, les souvenirs des derniers comités de direction vont resurgir à la surface de mon cerveau déjà fragile.

    Si je penche pour « La plus haute des solitudes », de Tahar Ben Jelloun, je vais partir en vrille sur les difficultés de notre métier. Si mon choix se porte sur « Dr No » de Ian Fleming, je vais croire qu’il s’agit de la biographie d’un expert-comptable qui a endossé un costume de DAF au service secret de sa Majesté le DG. Si j’ai une prédilection pour « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell, cela me fera penser à la dernière « expression des besoins » concoctée par je ne sais plus quelle direction métier. Si je me décide pour « Les liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, je vais devoir méditer sur les relations clients-fournisseurs. Si je me prononce pour « Esquisse d'une philosophie du mensonge » de Jean-François Kahn, je risque de passer en revue tous les consultants à qui j’ai fait appel et qui m’ont pris un peu de mon budget. Je ne vais pas aimer… Si je prends « Drame en trois actes » d’Agatha Christie, je vais me souvenir du dernier projet planté et, à la différence d’Agatha, on n’a jamais trouvé le coupable.  

    Finalement, j’ai opté pour « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas et « Ca ira mieux demain », de James Hadley Chase. Le premier parce qu’il est effectivement toujours préférable de partir très vite sous d’autres cieux et de revenir le plus tard possible ; le second parce qu’il faut toujours conserver une bonne dose d’optimisme quoi qu’il arrive ! Et rappelez-vous que, comme disait Coluche, « C’est pas plus mal que si c’était pire ! »…

  • Votez Séhiaud !

    sehiaud-ciceron.jpgVous connaissez Quintus Cicéron ? Rassurez-vous, il n’était pas DSI à l’époque des Romains, ce métier n’existait pas encore, même si les ingrédients qui agrémentent la vie quotidienne des DSI d’aujourd’hui étaient déjà présents dans l’Empire romain en l’an 64 avant JC (soit l’an 2036 avant l’avènement de SAP), à savoir : la trahison, la guerre entre clans, la sourde vengeance, les batailles d’égo et autres joyeusetés caractéristiques de ces époques lointaines… Pourquoi je vous parle de Quintus Cicéron ? Parce qu’il a expliqué comment gagner une élection dans un petit ouvrage « Manuel de campagne électorale », Editions Arléa, dont je vous recommande fortement la lecture. Nous sommes donc en 64 avant JC et ledit Cicéron, candidat au poste de consul, a en face de lui six rivaux, tous aussi déterminés que lui à siéger dans la noble assemblée. C’est pourtant lui qui a gagné, à une très large majorité… Et les techniques qu’il a utilisées n’ont pas vieilli puisque, je vous l’affirme, tout DSI peut se les approprier, non pas pour gagner des élections, mais pour valoriser la fonction SI dans son organisation. Que faut-il faire ? Voici les dix trucs qui marchent à (presque) tous les coups.

    1. « Tracer une vision d’ensemble, rationnellement ordonnée, d’idées qui, dans la pratique, apparaissent isolées et confuses. » Un schéma directeur dès l’époque romaine, finalement, ils ne sont pas fous ces romains ! Ils ont tout inventé du management moderne.

    2. Pour exprimer les vrais enjeux, Quintus Cicéron suggère de répondre à trois questions fondamentales : « De quoi s’agit-il ? A quoi es-tu candidat ? Qui es-tu ? ». Pour un DSI, l’équivalent de « Je suis un homme nouveau, je suis candidat au consulat et c’est de Rome qu’il s’agit » pourrait être : « Je suis un manager nouveau, je suis candidat pour améliorer la performance du SI et c’est de la survie de l’entreprise dont il est question. » Voilà qui est dit !

    3. « Veille à ce que l’on voie bien le nombre et la diversité de tes amis et veille à t’assurer de tous ces appuis le moment venu, et fais-leur savoir combien tu les estimes. » C’est vrai qu’il n’est pas inutile de rappeler de temps en temps que le comité de direction et la DG soutiennent le DSI. Même si ce n’est pas tout à fait vrai…

    4. « Puisque tu vises le plus haut poste de l’Etat et que tu es conscient des ambitions qui contrarient les tiennes, fais preuve de méthode, de soin et de vigilance dans ton activité. » C’est préférable, en effet, avec tous les olibrius, bras cassés et autres incompétents qui occupent les couches de management (certains même en tiennent une, de couche).

    5. « Quand on fait campagne pour un poste, il faut s’assurer scrupuleusement de deux choses : le dévouement de ses amis (fruit des bienfaits et services rendus) et la sympathie populaire. Il faut se faire des amis dans toutes les catégories sociales.  Si les hommes n’étaient pas des ingrats, tout cela devrait t’être acquis ». C’est pas gagné, l’ingratitude des utilisateurs étant l’ennemie de tous DSI…

    6. « Une fois que tu te seras assuré le soutien des hommes ambitieux, donc les plus en vue dans leur tribu, quand tu auras recruté des partisans parmi ceux qui ont, par leur position, gagné de l’influence sur telle ou telle partie de leur tribu, tu seras fondé à nourrir les espoirs les plus sérieux. » Reste à bien faire le tri entre la tribu des ressources humaines, la tribu des financiers, la tribu des commerciaux…

    7. « Quelle gloire, quel honneur si tu as à tes côtés tous ceux que tu as défendus, sauvés et libérés des charges qui pesaient sur eux ! » C’est vrai qu’ils ne connaissent pas leur bonheur, de ne pas mettre les mains dans le cambouis technologique…

    8. « Ce qui est indispensable, c’est de connaitre le nom des électeurs, de savoir les flatter, d’être assidu auprès d’eux, de se montrer généreux, de soigner sa réputation et de susciter, pour la manière dont on conduira les affaires de l’Etat, de vifs espoirs. Mets-toi bien dans l’esprit qu’il va te falloir faire semblant d’accomplir avec naturel des choses qui ne sont pas dans ta nature. Il faut veiller à ce que l’on place en ta politique de sérieux espoirs » Faire semblant ? Pas de problème, c’est dans mes gênes. Et avec naturel, s’il vous plaît !

    9. « Ce que tu peux faire pour quelqu’un, montre que tu le fais avec empressement et plaisir. Ce que tu ne peux pas faire, refuse-le courtoisement, ou mieux, ne le refuse pas : tous, et c’est la mentalité générale, préfèrent un mensonge de ta part plutôt qu’un refus. » Tout le monde est le bienvenu pour commander des projets à la DSI. On ne refuse jamais, on leur ment juste sur les délais. Mais c’est pour la bonne cause !

    10. « La colère de celui à qui on a menti est bien la dernière chose à prendre en considération. » Heureusement. Chez nous, on utilise depuis longtemps le référentiel CTTMI, qui signifie non pas « Customer Transactional Technology Management Interface », mais « Cause Toujours Tu M’Intéresses » ! Les romains l’avaient aussi…

  • Je passe encore mon tour...

    sehiaud-dvtdurable.jpgLa semaine dernière, j’ai reçu un e-mail « urgent » de notre directeur général qui annonçait une réunion extraordinaire du comité de direction. Bigre ! Va-t-il enfin nous annoncer sa démission « pour raisons personnelles » afin de profiter d’une retraite bien méritée au soleil d’un quelconque paradis fiscal ? Notre DAF aurait-il enfin compris qu’à force de manier des chiffres toute la journée cela finit par rendre dingo et annoncera-t-il son entrée imminente dans un établissement de long séjour avec sevrage de tableur Excel ? Notre directeur marketing aurait-il eu une révélation sur la vacuité de sa fonction et la fatuité du personnage qui l’occupe ? Notre DRH a-t-elle été victime d’un coup de blues après avoir essayé de lire dix fois « La gestion des talents pour les vraies nullardes » (Editions Dunoeu) sans comprendre plus de deux mots sur cinq dans la table des matières ? A moins que notre directeur général ne nous annonce que je suis viré sur le champ pour mauvais esprit et « critique non-constructive de décisions consensuelles », une formule qui serait du meilleur effet dans une lettre de licenciement.

    Habituellement, il me remonte quelques bruits de couloir, j’ai mes sources à la DRH. Mais là, rien… Pas l’ombre d’un ragot, ni de frémissement d’une rumeur, ni d’apparition furtive d’une « information-exclusive-je-te-l’ai-pas-dit »

    Trois jours plus tard, nous voilà tous assis autour de la table qui trône au milieu de la plus grande salle de réunion. Après les banalités d’usage, Pierre Henri Sapert-Bocoup consent à nous exposer les raisons de cette réunion inhabituelle pour un vendredi après-midi, jour pendant lequel au moins la moitié du comité de direction passe quelques heures sur un terrain de golf.

    « Un chef d’entreprise doit changer les manières de faire et transformer les modèles économiques, facteurs de performance d’une organisation », commence notre DG. On ne voit toujours pas où il veut en venir, c’est un début de discours qu’il a déjà servi lors de la réunion avec les analystes financiers, qui se contentent pour la plupart de ce genre de banalités avant de massacrer notre cours de bourse. Il poursuit : « Il est une fonction stratégique dans l’entreprise que je souhaite considérablement renforcer… » Humm… Tout le monde se regarde et pense la même chose : il y a de la promotion dans l’air !

    « J’ai ici la fiche de poste d’un manager que je considère comme l’un des plus importants dans l’entreprise. Les talents nécessaires à l’accomplissement de ses missions sont nombreux. Il s’efforce de réconcilier de multiples dimensions quand d’autres se décourageraient face à la complexité de l’équation ». C’est tout moi, ça…

    « Il alerte à bon escient, transforme avec peu de moyens, donne le cap et embarque ses pairs sans être leur supérieur hiérarchique, ne fait-il donc pas preuve de capacités de leadership hors du commun ? »  Quand on vous le dit, c’est mon portrait craché !

    « Pourquoi ne pas placer ce manager au cœur des décisions stratégiques qui orientent l’avenir de l’entreprise ? continue notre DG, celui ou celle qui conjuguera les connaissances tirées de postes de leadership opérationnel préalablement occupés, avec une intelligence multidimensionnelle, sera un candidat de premier rang au poste de directeur général ». Et voilà le travail ! N’est-ce pas le résultat de plusieurs années de travail acharné pour faire reconnaître la fonction de DSI dans l’entreprise ? Après tout, DG ne doit pas être plus fatigant que DSI… Au moment où tout le monde retenait son souffle et où chacun imaginait la nouvelle décoration de son nouveau bureau, notre DG nous a expliqué, après quelques secondes de suspens, qu’il allait recruter un directeur… du développement durable ! Et il nous a distribué à tous une petite brochure d’une dizaine de pages, dans laquelle j’ai retrouvé mot pour mot les éléments de son discours. Une brochure éditée par un grand cabinet de conseil et intitulée : « Attention, espèce protégée en voie d’apparition, le directeur du développement durable, futur président. » Évidemment, cela n’est pas tombé sur moi…

    Apparemment, l’affaire lui a été vendue par des consultants qui ont insisté pour confier les sujets de la durabilité à des « cadres nécessairement exceptionnels », en français dans le texte. De quoi mettre un vernis de modernité sur des pratiques de management plutôt archaïques, un soupçon de vert dans le discours servi aux actionnaires, et faire passer notre DG pour quelqu’un de socialement responsable. Encore raté pour la promotion du DSI aux plus hautes fonctions…

     

     

     

     

     

     

     

  • Ca n'a rien de personnel...

    sehiaud-atos.jpgIl paraît qu'il y a des changements au comité exécutif d'Atos... J'ai lu sur le Web que Thierry Breton, le DG de la SSII a déclaré, commentant les trois nominations : "Je remercie Laurent pour l’action qu’il a mené chez Atos et lui souhaite une poursuite réussie de sa carrière professionnelle. Je suis convaincu qu’avec Jean Marie, désormais en charge des activités d’Atos France, nous saurons relever les nombreux défis pour le développement de nos activités au service de nos clients. Je souhaite à Jean Marie, Patrick et Ivan un plein succès dans leurs nouvelles fonctions».

    Bien sûr, comme dans les communiqués de sociétés cotées en bourse, il faut lire en les lignes. On reprend, pour ceux qui n'ont pas suivi. Et d'ailleurs ça peut servir pour quiconque veut trousser un beau discours. Donc :

    - Si vous venez de virer quelqu'un mais que vous ne souhaitez pas lui faire de la peine, dites : "Je remercie XXXX pour l’action qu’il a mené chez YYY et lui souhaite une poursuite réussie de sa carrière professionnelle." C'est un grand classique...

    - Si vous voulez faire passer un message à un nouveau venu et lui signifier que vous l'avez à l'oeil, dites : " Je suis convaincu qu’avec XXXX, désormais en charge des activités de YYYY France, nous saurons relever les nombreux défis pour le développement de nos activités au service de nos clients." Ce qui signifie, en clair : "je te confie une situation difficile, débrouile-toi pour remettre de l'ordre dans tout ça."

    - Enfin, si vous voulez adresser un message collectif et signifier que vos nouvelles recrues ont intérêt à bosser un maximum et à remplir leurs objectifs sans faillir, dites : " Je souhaite à Jean Marie, Patrick et Ivan un plein succès dans leurs nouvelles fonctions ».

    Les voilà donc prévenus...

     

     

  • Régime Ducon ®©, pour vous servir…

    sehiaud-obesité.jpgNotre bien-aimé directeur général, Pierre-Henri Sapert-Bocoup n’aura jamais si bien porté son patronyme. Non pas qu’il ait encore creusé les pertes lors du dernier exercice fiscal, ça, il le fait tous les ans. Mais parce qu’il a perdu une bonne vingtaine de kilos superflus, grâce à la méthode Ducon®©, du nom d’un célèbre gourou qui s’est reconverti dans le business des régimes amaigrissants. A l’issue du dernier comité de direction, il (mon DG, pas le gourou) m’a expliqué les effets spectaculaires de cette méthode miracle, digne des meilleurs effets spéciaux jamais produits, même dans la grotte de Lourdes.

    - Vous devriez, mon cher Séhiaud, dénicher un régime similaire pour faire maigrir notre  système d’information, dont je trouve qu’il a plutôt grossi ces derniers temps. Je dirais même qu’il est un peu bouffi, vous ne trouvez pas ?

    - Heu, si, peut être…

    Je me suis abstenu de lui rétorquer que, si nous en sommes là, c’est probablement à force d’être alimenté en permanence par des projets demandés par les directions métiers, qui ne se privent pas de les saupoudrer de technologies sucrées, de forcer sur de grasses fonctionnalités, le tout agrémenté de sauces politiques des plus aigres et gavées de cholestérol qui rendent les DSI hypertendus… Je me suis également abstenu de lui préciser que si son tour de taille avait diminué ce n’était pas le cas de ses chevilles…

    Mais, finalement, l’idée d’un régime amaigrissant ne semble-t-elle pas judicieuse ? On pourrait ainsi imaginer une déclinaison pour les SI, à l’image de toutes les méthodes plus ou moins efficaces que l’on trouve sur le marché pour affiner sa silhouette. On aurait ainsi le régime MontignaaS, dans lequel on allège toutes les applications en les envoyant dans les nuages, l’hyperprotéiné en Open Source pour doper le TCO (Transforming Computer Obesity), le basses calories, très pauvre en nouvelles versions de logiciels et allégé en coûts de maintenance (dont on sait que c’est la première cause de mortalité des systèmes d’information), ou encore le régime californien, très riche en solutions de startup pas chères.

    Le régime Wait Watchers, lui, serait basé sur le fait qu’avant de lancer chaque projet, on attendrait au moins six mois pour voir si les utilisateurs sont toujours si impatients de voir leur application enfin livrée. Probablement que, dans un cas sur, deux, ils se seront fait une raison, d’où une sacrée économie de lignes de codes dont on sait que, à l’instar du mauvais cholestérol, elles s’accumulent pour boucher les artères réseaux. Pourquoi ne pas également imaginer un régime crétois pour ceux qui ont beaucoup de dette technique à éliminer ? Ou encore le régime « Citron détox » qui laisse un goût amer quand on découvre la pauvreté des applications développées…

    Je vous propose, pour savoir si votre système d’information est en surpoids, d’utiliser la même formule que pour les individus : l’indice de masse corporelle. Pour un individu, c’est le rapport entre le poids et le carré de la taille. Et pour un système d’information ? Plusieurs indicateurs, à suivre dans le temps, sont possibles : le rapport entre le nombre de lignes de codes et le carré du nombre d’utilisateurs (tiens, je suis curieux de faire le calcul…) ; le rapport entre le nombre d’applications et le carré du nombre de business units ou encore le rapport entre le nombre de réunions projets et le carré du nombre d’applications (avec celui-là, à coup sûr, on est tous en surpoids, limite obésité si les réunions s’éternisent…).

    J’attends avec impatience les inévitables témoignages utilisateurs dont les promoteurs de régimes amaigrissants nous abreuvent, du style : « Moi, DSI, 45 ans, en surpoids informationnel depuis 2001, l’éclatement de la bulle Internet n’y ayant rien fait, j’ai adopté le régime Ducon®© et j’ai perdu en moins d’un exercice fiscal la moitié de mes applications, les deux-tiers de mes lignes de codes et mon budget a fondu d’un quart. Je me sens beaucoup mieux ! »

    Tu m’étonnes ! Y’a plus qu’à s’y mettre…

     

     

  • Cloud toujours, tu m’intéresses…

    sehiaud-cloud.jpgTous les médias en mettent une couche très régulièrement sur le cloud computing. C’est paraît-il, une tendance lourde. Effectivement, à voir (à défaut de les lire) tous les articles publiés sur ce sujet, ça commence à être lourd, voir lourdingue, comme dirait Joseph Inebecker, notre délégué de la FUC (Fédération unitaire con-fédérale) à propos des discours du notre DG lors des comités d’entreprises.

    Chez Moudelab & Flouze Industries, mon entreprise bien-aimée leader sur son marché de la boulonnerie-visserie-quincaillerie industrielle, nous avons testé le mode cloud depuis longtemps. D’abord avec la messagerie, chez gogoloops.com, ensuite avec le CRM chez pasdeforce.com, un petit acteur qui a du mal à se faire un nom. Je pousse d’ailleurs toutes les directions métiers à regarder de près les offres en SaaS avec toutes ses déclinaisons possibles. Car ça fait longtemps que j’ai compris que l’externalisSaaSion constitue une bonne solution. Non pas pour mieux répondre aux besoins des directions métiers (même si c’est ce qu’on leur dit officiellement et droit dans les yeux, bien sûr), mais, surtout, pour accroître mon potentiel IT (Indice de Tranquillité).

    Car n’oublions jamais, mes chers confrères, que pour un DSI, externaliser les emmerdements sur des tiers constitue une excellente solution pour préserver son avenir. J’ai ainsi définitivement éradiqué les récriminations des utilisateurs à l’égard de leur messagerie, et de plus ils peuvent stocker toute leur prose avec les 25 Go qui leur sont alloués. Et j’en ai profité pour mettre aussi dans le cloud mon équipe d’administration des serveurs de messagerie. Ils sont désormais utilisateurs actifs du service SaaSsedic.com. Pour le CRM, c’est la direction marketing qui a pris l’initiative et je me suis bien gardé de les dissuader… Il faut dire que les commerciaux de pasdeforce.com ont été très persuasifs, notamment en dénigrant les capacités de la DSI à satisfaire leurs besoins dans des délais courts et sans créer des usines à GaaS.

    Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. J’ai lu dans un guide sur le cloud computing,  largement diffusé (vous l’avez peut-être sur votre bureau) par un de mes fournisseurs spécialisé dans le stockage, la phrase suivante, garantie véridique, nos amis d’EMC m’excuseront de ne pas les citer : « La longue et inéluctable marche vers le cloud computing est désormais en marche ». Je dirais même plus ! comme nous l’affirmeraient les Dupont & Dupont de la high tech. Bon, c’est sûr, « quand la longue marche est en marche, c’est sûr que ça marche, et réciproquement », aurait renchéri le fameux poète Lao Tsour Sing, illustre spécialiste du sujet. Une pensée aussi profonde a certainement nécessité quelques heures de réunion pour en peser tous les termes et veiller à ce que le lecteur attiré par ce sous-titre accrocheur comprenne bien la signification intrinsèquement cloudificatrice d’une telle affirmation, digne d’une autre longue marche, celle du penseur révolutionnaire MAO Céding (alias « MAîtrise d’Ouvrage, c’est fou !», en français dans le texte) qui avait affirmé bien avant l’heure (il fonctionnait en 24/24/7/7) que « Quand le SaaS est ouvert, la lumière inonde celui qui jacasse.»

    Je vous vois venir, notamment ceux qui s’accrochent à leur fauteuil trônant au milieu d’une salle machine dont ils se considèrent comme le meilleur rempart contre les hordes de fournisseurs, avec leur slogan fétiche : « SaaS passera pas comme ça ». « Et lorsque nous aurons migré toutes nos applications en mode SaaS, que nous restera-t-il ? », me rétorquerez-vous. C’est simple, il nous (vous) restera la tranquillité, la vraie.

    On peut même aller plus loin. Depuis que nous avons migré quelques applications en SaaS, le taux d’utilisation de ces applications a considérablement augmenté. Je vais donc demander à notre DAF et à notre DG d’être moi aussi payé selon le principe du SaaS : à l’usage ! Ainsi, à mesure que le système d’information sera de plus en plus utilisé, je gagnerai moi aussi beaucoup plus. Mais je doute quand même que cette audacieuse mesure de saine gestion des ressources humaines ait du succès. En attendant, je peux toujours rêver de mettre mon directeur général en mode CaaS-toi !

     

     

  • Dément, non ?

    sehiaud-echos.JPGLe quotidien Les Echos du 12 avril 2013 cite une étude réalisée par le think tank américain RAND sur le coût de la démence (à ne pas confondre, paraît-il, avec la folie). Verdict : entre 157 et 215 milliards de dollars aux Etats-Unis. Un coût qui est largement supérieur aux dégâts causés par les maladies cardio-vasculairs et les cancers. Et 15 % des plus de 70 ans sont affectés... On en déduira donc qu'il ne faut jamais recruter un DSI de plus de 70 ans ! Un directeur général qui s'aventurerait à le faire a presque sept "chances" sur cent de tomber sur un dingue. On remarquera, à l'inverse, que recruter un DSI de moins de DSI ne protège pas à 100 % de tomber sur un dingue... On peut même avancé que le coût est largement supérieur aux estimations du think tank, surtout si l'on intègre les projets IT "démentiels" que nombre de DSI ont connu et, pour la plupart, ont été contraints de gérer...

  • Votre boss est un tyran ? Faites-en autant !

    sehiaud-boss.jpgDe temps en temps, entre deux réunions de comité de pilotage, il m’arrive de me plonger dans des lectures sérieuses. J’entends autres que les innombrables newsletters IT que nous recevons par mail tous les jours ou que les magazines sponsorisés par des fournisseurs « leaders sur leur marché selon le cabinet ForrestGartdata et son dodécagone magique ». Pour les ignares, je vous rappelle que le dodécagone est une figure de géométrie qui comporte douze sommets et côtés, possède 54 diagonales et la somme de ses angles est égale à 1 800°. Si avec ça, on n’est pas leader sur au moins un des sommets…

    Bref, je me suis plongé dans la lecture d’un des numéros de l’excellent mensuel Le Monde Diplomatique (numéro de février 2012, dont je vous recommande la lecture, oui... je sais j'ai du retard dans la lecture des anciens numéros...). L’un des articles m’a d’emblée interpellé. Son titre, accrocheur : « Comment les tyrans prennent leurs décisions. » Ce sujet m’a semblé d’actualité, tant notre DG se comporte, non pas en dictateur, n’allons pas jusque-là, mais, pour rester politiquement correct, se montre pour le moins directif. D’aucuns diront qu’il est casse-c…, certains que c’est une tête de c…, d’autres que c’est un fieffé c… Remplacez la lettre c… par ce que vous voulez, selon votre inspiration.

    Cet article, basé sur la triste réalité de l’Irak de Saddam Hussein et de la Syrie d’El Assad, permet de lister les quinze caractéristiques des circuits de prise de décision dans des dictatures elles aussi « leaders sur leur marché selon le cabinet Nass-Yonzuni ». Si dans votre entreprise vous repérez ces caractéristiques, vous avez deux options : soutenir le régime ou mener la révolution. Dans les deux cas, vous êtes foutu : soit vous serez viré lors du prochain coup d’état des actionnaires, soit vous passerez pour un traître aux yeux de vos clients internes… Reste une voie de sortie : devenir vous-mêmes un tyran. Je sens que certains d’entre vous brûlent d’impatience de savoir à quoi s’en tenir et comment passer du statut de victime à celui de bourreau. Voici donc les trucs, astuces et autres bonnes pratiques des meilleurs dictateurs du monde !

    1. Bâtissez une bureaucratie centralisée, avec un fonctionnement pyramidal. Rien de tel pour contrôler tout ce qui se passe dans la DSI. C’est bien connu, l’esprit d’initiative et l’autonomie des collaborateurs n’amènent que des ennuis pour leur chef suprême…

    2. Minimisez les ordres écrits : tout ce qui est consigné sur papier ou dans des e-mails pourra se retourner un jour contre vous. C’est bien connu, vous n’aimez pas la contradiction, surtout de la part de subordonnés. Et le langage oral facilite les petits arrangements entre amis.

     

    3. Eliminez les ordres du jour pour chaque réunion : certes, cela contredit le premier principe (la bureaucratie centralisée) mais, là encore, c’est le meilleur pour éviter que l’un de vos collaborateurs ne mette en exergue certaines incohérences voire de franches contradictions dans vos actions et le suivi des dossiers.

    5. Ne tolérez aucun points de vue pessimistes : ils minent le moral de tout le monde. Le mot d’ordre est donc de positiver.

    6.  Bannissez toute discussion sérieuse sur les sujets vitaux, source d’ennuis potentiels pour les chefs. C’est le risque que quelqu’un ait une bonne idée pour résoudre un problème (voir point 9).

    7. Instituez le culte de la personnalité : c’est la moindre des choses, si vous êtes chef c’est que vous le méritez ! N’allez tout de même pas jusqu’à afficher votre photo dans les couloirs de la DSI...

    8. Ne freinez pas vos délires de grandeur, dépensez tout votre budget et ne lésinez pas sur les modules d’ERP ou de bases de données, ils serviront toujours un jour ou l’autre. Pensez également à faire appel aux consultants les plus chers.

    9. Eliminez toute opposition et tout concurrent susceptible d’avoir une influence suffisante, c’est quand même vous le patron…

    10. Mettez systématiquement chaque mauvaise décision sur le compte de quelqu’un d’autre, par définition le chef a toujours raison.

    11. Soyez toujours détaché de la réalité, elle est souvent difficile à affronter. Laissez vos collaborateurs gérer l’intendance et les ennuis qui vont avec.

    12. Adaptez-vous rapidement aux situations nouvelles… en changeant d’avis avec le plus d’aplomb possible.

    13. Instituez des processus décisionnels imparfaits, la transparence est l’ennemi du tyran.

    14. Face aux problèmes, privilégiez les solutions provisoires, cela permet d’agir vite et de créer l’illusion du dynamisme.

    15. Etablissez un système de récompense et de sanctions pour vos collaborateurs, principe de base de tout régime autocratique.

     

  • Shoe code

    sehiaud-shoecode.JPGLa lecture de l'une des études publiée par Best Research (« La boîte à outils du commercial IT » www.besresearch.fr), qui explique aux vendeurs de nos chers éditeurs de logiciels et prestataires de services comment vendre mieux et plus à leurs clients est passionnante (elle explique comment nous allons nous faire tondre en douceur par des petits malins…), mais il manque quand même un chapitre sur l’habillement, l’indispensable dress code que tout bon commercial doit maîtriser pour avoir une chance de nous vendre quelque chose. Je vous l’accorde, on reconnaît un commercial à deux kilomètres, vous l’avez certainement remarqué. Il suffit de flâner en fin de trimestre fiscal dans n’importe quel salon high-tech (pensez à enlever votre badge sous peine d’agression commerciale…).

    L’autre jour, en écoutant d’une oreille vraiment très distraite un jeune commercial venu me vanter les délices de sa solution logicielle « leader sur son marché et capable de répondre à tous mes besoins d’alignement-compliance-rationalisation-baisse des coûts-sécurité… », j’ai jeté un coup d’œil sur ses chaussures. Je ne savais pas qu’un humain, même commercial, pouvait avoir des pieds aussi longs ! C’était au moins du vingt-cinq centimètres. On m’a expliqué que c’était une caractéristique des vendeurs que d’avoir des chaussures presque deux fois plus grandes que la taille de leur pied.

    - Mais c’est la mode ! Tu n’es pas au courant ? m’a répliqué notre directeur marketing, qui claque au moins la moitié de son salaire royal dans des costumes dernier cri et… des chaussures taille 50 alors qu’il ne chausse que du 42.

    - Heu… non, avouai-je en pensant aux chaussures bateau en tissu ou mocassins banals dont sont équipés pratiquement tous les collaborateurs de la DSI. Mais que font-ils pour combler le vide au bout de leurs pieds ?

    - C’est simple, ils font comme dans leur vie professionnelle : ils comblent le vide avec des artifices, en l’occurrence du coton bien tassé…

    Depuis, à chaque fois que je rencontre un commercial ou un consultant, je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil sur ses chaussures. Comment identifier un commercial avant qu’il n’ait ouvert la bouche pour vous saouler avec son argumentaire à deux balles ? Un commercial grand compte venu vous vendre un ERP affichera la totale : des chaussures cousues main de plus de vingt-cinq centimètres, avec une tige (c’est le dessus de la chaussure) presque plaquée or, en tout cas tellement bien cirée qu’on en a l’impression, une doublure épaisse et une semelle fine (les commerciaux débutants peuvent toutefois porter des talonnettes…) et « structure fibreuse originelle intacte », clamera-t-il pour impressionner ses collègues. Un commercial venu d’un éditeur moins connu ou d’un petit cabinet de conseil aura, lui, une chaussure plus souvent collée que cousue, avec un bout beaucoup moins pointu et un cuir de qualité moyenne.

    - Si, à cinquante ans, un commercial n’a pas sa Rolex et ses chaussures pointues, c’est qu’il a vraiment raté sa vie, m’a expliqué notre directeur marketing, l’un des grands spécialistes du monde du Bling Bling…

    Je suis persuadé qu’après avoir lu cette page, vous ne regarderez plus jamais un commercial comme avant…

  • Vis ma vie... mais pas trop !

    sehiaudvismavie.jpgL’émission de télévision de TF1 n’avait pas suffi ! Voilà que les cabinets de conseil s’y mettent... A quoi ? A un concept simple : « Vis ma vie », autrement dit échanger son emploi, temporairement, je vous rassure, contre un autre. En parcourant le Web, j’ai vu qu’un cabinet de conseil du nom de Kurt Salmon promeut cette approche comme un outil de management.

    Que nous expliquent ces doctes consultants ? « De nombreuses entreprises ont transformé le concept de l’émission de télévision en véritable outil de management en instaurant un reversal day, une journée durant laquelle les collaborateurs sont amenés à partager le quotidien de leurs collègues. » Mieux, nous explique-t-on : « Ces initiatives sont largement bénéfiques. Elles permettent de renforcer le sentiment d’appartenance des employés, de leur faire découvrir la diversité des métiers de l’entreprise, et de développer l’esprit d’équipe et la communication interne, tout en offrant une image positive à l’extérieur. » Bref, c’est « un concept ludique qui trouve toute son utilité dans le domaine des systèmes d’information. Besoins mal exprimés, outils informatiques mal acceptés, incidents mal traités : les écueils des projets SI sont souvent causés par une fracture entre équipes « métier » et « IT », que le concept du « vis ma vie » peut contribuer à résorber. »

    Sympa comme approche, non ? Vous me connaissez, j’aime le risque et j’ai voulu tenter l’expérience. Cela dit, inutile de demander à notre DG, il aime trop sa place, le salaire et les honneurs qui vont avec… J’ai demandé à notre DAF, Edgard Tadukash, mais il n’était pas chaud. Entre nous, je ne souhaitais pas vraiment qu’il vienne s’incruster dans la DSI, nous lui cachons quand même quelques éléments budgétaires pour conserver une partie de notre autonomie. Le patron de la logistique voulait bien tenter l’expérience mais pas avant l’année prochaine tellement il est à flux tendus. Quant à la DRH, Françoise Plansoc, si elle approuve l’idée « pour renforcer la cohésion du management », elle ne veut à aucun prix que l’on mette le nez dans la grille des salaires et autres menus avantages annexes dont bénéficient certains.

    J’ai donc échangé mon job de DSI, pendant une semaine, contre celui de notre directeur marketing, Julien Sponss-Aurizé. Lorsque, pour commencer, j’ai demandé à voir la liste des fournisseurs et, pour chacun, ce qu’ils font pour nous et combien ça coûte, on m’a regardé d’un air étonné. « On a l’info, mais on n’a jamais trouvé le temps de consolider », m’a-t-on rétorqué. Je n’ai donc pas osé demander les business cases des projets réalisés par lesdits fournisseurs. J’ai aussi participé à des réunions sans pouvoir, malgré mes efforts, déterminer à quoi elles servaient, reçu des agences de communication qui m’ont abreuvé de slides sur « la stratégie digitale » et le « brand content »…

    Selon les consultants défenseurs du « Vis ma vie », pour les DSI « l’enjeu est de leur faire prendre conscience de l’impact de leurs décisions et de leurs actions sur le travail quotidien de leurs collègues et pour les métiers de démystifier le SI tout en mettant le doigt sur sa complexité. »

    - Alors, ai-je demandé à mon collègue, notre SI est-il démystifié dans ton esprit ?

    - Heu… pas vraiment. Je pensais que votre boulot était d’un ennui mortel, je ne me suis pas trompé.

    - Pourquoi ?

    - Vous avez trop de processus, pour initier un simple projet il faut un business plan et travailler avec des fournisseurs référencés ! On passe son temps à remplir des feuilles Excel. Et tes collaborateurs parlent techno en permanence, ca devient pénible au bout de deux jours. Et quand je leur demande s’ils ont compris les besoins métiers du marketing, ils me répondent que Powerpoint, Illustrator, Photoshop et Excel suffisent largement pour « produire du vent ».

    Je me suis abstenu de lui rétorquer que ce n’est pas tout à fait faux et qu’au marketing, ils n’ont jamais daigné répondre à nos suggestions d’utiliser un vrai outil de CRM prédictif pour l’analyse des ventes (« trop cher… »), une base de données produits digne de ce nom (« trop compliqué… ») et une gestion commerciale digne de ce nom (« pas utile… »). Bref un véritable système d’information marketing.

    Je l’ai su par la suite, mon cher collègue a été très impressionné par notre outil de gestion de portefeuille de projet, par notre système de référencement et de notation de nos fournisseurs, par notre processus d’élaboration des business cases et par la motivation de nos équipes de support... Mais il ne l’avouera jamais, selon le principe de base de tout bon marketeur qui consiste à toujours cacher une partie de la vérité… En attendant d’échanger nos jobs de façon plus durable, j’ai suggéré à Julien Sponss-Aurizé de mettre un peu de technologies dans son marketing et, de mon côté, je vais verser une dose de marketing dans notre système d’information.