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OLIVIER SEHIAUD - Ma vie quotidienne de DSI... - Page 9

  • Les métiers improbables...

    sehiaud-houblon.jpgBrasseur de doublons. Ils aiment se faire mousser car leur job est vraiment alambiqué et stratégique : rechercher les données en double dans toutes les applications et souvent stockées dans des silos. Ces données en double ont tendance à fermenter si l’on n’y prend garde. Le brasseur de doublons attache une importance particulière à la pureté des données et dispose de méthodologies standards : MALT (Méthode d’analyse longitudinale des transactions) et LEVURE (Lissage extensif de la valeur de l’usage du référentiel d’entreprise). Les plus doués d’entre eux peuvent accéder au grade de maître-brasseur de doublons, et ils ne s’intéressent alors qu’aux métadonnées.

  • Les métiers improbables...

    sehiaud-livreblanc.jpgColorieur de livres blancs. Le colorieur de livres blancs est un original qui ne fait rien comme tout le monde. C’est un artiste et il en faut dans les DSI. Sa mission consiste à personnaliser tous les livres blancs reçus à la SI et qui, comme leur nom l’indique, ne se différencient pas par leur couleur. Certains ajouteront qu’ils ne se différencient pas non plus par leur contenu, tant il est en voie d’appauvrissement… Le colorieur attribue à chaque livre blanc une couleur spécifique pour les repérer dans les rayonnages de la bibliothèque de la direction des études.

     

  • Jusqu'où s'arrêteront-ils ?

    sehiaud-surf.jpgNos entreprises regroupent des milliers de surfeurs. Pas ceux qui se mouillent pour affronter des vagues… Non, ceux qui passent leur temps à utiliser les outils  que l’on met à leur disposition à des fins personnelles. Une récente étude publiée par Olféo nous apprend ainsi que le problème s’aggrave : 59 minutes est le temps moyen de l’utilisation d’Internet par jour et par employé à des fins non professionnelles en 2010. Soit les deux-tiers du temps passé sur Internet. C’est presque deux fois plus qu’en 2006 ! Si on ramène ce temps à l’année, cela représente environ 29,5 jours par an. Ou presque trois jours par mois. L’étude évalue à 14 % la chute de productivité due à l’usage privé d’Internet au bureau. Et nous dresse même le parcours type du tire-au-flanc surfeur : de 8 H 00 à10 H 00, il consulte les sites d’actualités, les webmails et les réseaux sociaux. De midi à 15 H 00, il consulte les sites de divertissement et de détente, tels que le visionnage d’émissions de télévision, l’écoute de la radio ou les jeux en ligne. Et de 17 H 00-18 H 00, il consulte les sites de service : météo, trafic, pages jaunes, et également de divertissement. Et le reste du temps, ils font quoi ? On peut espérer qu’ils travaillent…

    Il suffit d’éditer la liste des url les plus consultées dans n’importe quelle entreprise pour constater que l’effacement de la frontière entre l’informatique privée et l’informatique professionnelle est une réalité. Chez Moudelab & Flouze Industries, ce sont les sites de YouTube et de Facebook qui arrivent en tête, suivi de près par la météo et les sites de réservations de vacances. Et l’on a vu croître l’usage des sites de poker et pornographiques depuis quelques mois. A croire que nos collaborateurs pensent déjà aux vacances et cherchent à les financer en espérant une quinte flush royale. Devant une telle désinvolture, il était de mon devoir de mettre en place les mesures qui s’imposent. (...)

    (Lire la suite et la fin dans le n° 63 de la revue Best Practices Systèmes d'Information)

  • Les métiers improbables...

    sehiaud-polisseur.jpgPolisseur de brillantes idées. Les dirigeants et managers ayant une forte propension à émettre des brillantes idées lors de réunions et autres comités de direction, le polisseur de brillantes idées est chargé d’en éliminer les aspérités. En effet, de brillantes idées peuvent recéler, en surface ou en profondeur, des éléments perturbateurs, que le polisseur traite avec son « rabot à incohérences ». Pour les rendre encore plus brillantes ! Sa devise : « C’est plus compliqué que ça ! »

  • Avec nous le déluge

    sehiaud-aspro.jpgIl paraît que l’Australie n’a jamais connu d’inondations aussi terribles que celles qui ont touché le pays il y a quelques semaines. Ca, c’est dans les journaux… Il paraît que les DSI sont inondés de newsletters… Ca ce n’est pas dans les journaux. Et pourtant, il semble que les digues informationnelles ont cédé ! J’ai compté : au cours de la semaine dernière, j’ai reçu dans ma boite de messagerie pas moins de 47 newsletters, la moitié provenant de groupes de presse, l’autre moitié de la part d’éditeurs de logiciels et de cabinets de conseil. Et encore, je ne compte pas les invitations tous azimuts à des événements dont l’intérêt me laisse encore dubitatif. Et sur ces 47 newsletters, j’ai trouvé seulement trois articles intéressants, les autres sujets étant reproduits à plusieurs exemplaires selon les newsletters, avec des titres quelquefois différents mais pas toujours, cela dépend du courage de celui qui écrit pour se rendre original. Mais pour parcourir les titres de ces 47 newsletters (qui rivalisent dans la quantité, c’est à celui qui bourrera la page avec le plus de titres et de liens possibles), à raison de quatre à cinq minutes chacune, il me faut plus de trois heures… Voire plus lorsque l’on nous refourgue les mêmes sujets habilement « repackagés » dans une newsletter « thématique » (le cloud et le green sont à la mode cette année…).

    Quasiment une demi-journée ! Imaginez le temps que l’on pourrait passer, à la place, en réunion inutile, à se reposer, assoupi dans les fauteuils confortables de la salle du comité de direction, au lieu de faire chauffer notre cerveau pour repérer la bonne info, quand elle existe, au milieu de ce fatras de liens colorés ! Et on ne peut même pas repérer, avant d’ouvrir le mail, quelques mots-clés qui nous aideraient à y voir plus clair. Avez-vous remarqué que 100 % des newsletters commencent par la même phrase : « Si vous ne voyez pas ce message, cliquez ici ». Les pros du marketing ont vraiment le sens de la formule : de toute façon, si on ne voit rien, on ne risque pas de cliquer dessus ! (...)

    (Lire la suite dans le n° 61 de la revue Best Practices Systèmes d'Information)

  • Les métiers improbables...

    sehiaud-couturier.jpgCouturier d'habillage graphique. On ne compte plus les interfaces d'applications ou de sites Web dépourvues d'âme, avec des couleurs d'écrans mal assorties, des menus identiques et des accessoires tout aussi coûteux qu'inutiles... Le prêt-à-développer aboutit à des résultats sans saveur ni originalité, de sorte que tous les logiciels et tous les sites Web se ressemblent. Vive la haute couture et le sur-mesure ! Le métier de couturier d'habillage graphique est indispensable pour que les utilisateurs aient le sentiment que l'on a travaillé que pour eux, même si ce n'est pas vrai. Inutile quand même de faire défiler les équipes de la DSI devant les utilisateurs, le coût du relookage de vos collaborateurs en mannequins serait supérieur au bénéfice lié à la meilleure satisfaction de vos utilisateurs.

     

  • Qui a tué mon projet ?

    sehiaud-mort.jpgPour une fois, j’ai eu une idée géniale. C’est du moins ce que m’ont affirmé de concert notre DRH et notre directeur marketing… C’est dire si c’est génial ! Il se trouve que mes enfants ont ressorti de la cave le fameux jeu Cluedo. Vous savez, celui qui consiste à trouver un assassin, son arme du crime et dans quelle pièce il a tué ! J’ai eu l’idée d’appliquer ce principe ludique à la gestion des projets informatiques. Après tout, le processus est le même : plusieurs personnes se réunissent dans un manoir (une salle de réunion) pour ce qui s’annonce être une réunion conviviale (les projets informatiques, c’est toujours convivial… au début !). Avec des individus à la personnalité plus ou moins atypique, qui vont s’entretuer. On reconnaîtra facilement, dans nos entreprises, le célèbre Colonel Moutarde-DAF, Madame Pervenche-DRH, Mademoiselle Rose, de la direction de la communication,  l’inévitable professeur Violet de la R&D ou encore le Docteur Olive chargé par la direction générale d’administrer les bonnes potions aux managers malades que nous sommes… Et, évidemment, tous ces invités « se haïssent… cordialement » précise la notice du jeu. On se croirait au bureau !

    J’ai donc fabriqué un plateau représentant non pas le manoir du jeu original, mais les plans des principaux bureaux : le mien, celui du DAF, du DG, la salle de réunion où se déroulent les comités de direction et d’administration, les locaux de nos prestataires, ceux des principales directions métiers pour lesquelles nous travaillons.  Pour les personnages je me suis abstenu de les faire ressemblants, on ne sait jamais, avec quelques susceptibilités mal placées. Quant aux armes du crime, elles sont diverses : le ciseau budgétaire, le marteau à avenant, l’effet tunnel à ressort, le gestionnaire de changement rouillé, le cahier des charges soporifique, le développeur schizophrène, le slide en béton du consultant aux dents acérées, le porte-voix du responsable métier vociférateur et contondant… J’ai également prévu des cartes joker : Copil et Copro qui donne des indices sur qui a dit quoi lors des comités de pilotage et des comités projets. C’est souvent révélateur de relire les comptes-rendus pour identifier ceux qui ont des envies de meurtre sur un projet qui ne leur plait pas ou qu’ils n’ont pas envie de mener à bien…

    La victime, en l’occurrence, un projet informatique de refonte de notre chaîne de facturation, n’a eu aucune chance : c’est le crime apparemment parfait et tout le monde a un alibi ! La DSI n’est pas responsable puisqu’elle avait un cahier des charges incomplet ; la direction métier avait pourtant bien exprimé ses besoins, donc elle n’est pas non plus responsable ;  le DAF avait approuvé le budget, donc il n’y est pour rien ; les prestataires attendaient qu’on leur dise par quoi commencer et ne se mêlent pas de politique interne chez leurs clients ; les utilisateurs n’assistaient pas aux réunions de pilotage donc ils ne peuvent être responsables… Mais cela n’empêche pas tout ce petit monde de se soupçonner les uns les autres ! Nous avons joué avec les équipes de la DSI, officiellement pour « innover dans notre processus d’apprentissage des dysfonctionnements organisationnels et humains », c’est ce que j’ai indiqué à notre DRH pour justifier des heures de formation. Et pour notre première séance de jeu,  nous avons rapidement trouvé la clé de l’énigme : c’était le DG, armé d’un ciseau budgétaire dans la salle du conseil d’administration qui avait tué notre projet. Damned, c’était donc ça !

  • Semicons à part entière

    sehiaud-semicon.JPGLes multiples newsletters que l’on reçoit dans nos boites à lettres électroniques ne nous apprennent souvent rien qu’une autre newsletter ne nous a déjà appris, qui elle-même est un clone d’une autre newsletter. Mais, quelquefois, on en apprend de belles. Ainsi la newsletter de l’excellent site Magit, dans son édition du 22 mars, nous révèle qu’il est probable que nous soyons confrontés à des « problèmes d’approvisionnements dans les semicons » (voir photo).

    C’est un vrai scoop car pour l’instant l’approvisionnement de l’entreprise et de ma DSI en semicons n’était pas un problème. Hélas, on a même été confronté à une surproduction… Tant mieux si nous en avons moins car c’est difficile à gérer, les semicons : n’oublions pas en effet que les semicons ne sont cons qu’à moitié, l’autre moitié étant alimentée par des éclairs de lucidité plus ou moins furtifs. Le problème reste que l'on ne sait pas quelle moitié est la bonne. J’attends donc avec impatience la prochaine newsletter du Magit pour nous annoncer la prochaine pénurie de "cons en entier". Ca nous rendrait bien service et nous serions débarassés définitivement de quelques boulets…

  • Les métiers improbables...

    leader.jpgLeader de pignon. Le DSI a une mission essentielle : convaincre les utilisateurs et les directions métiers des bienfaits de son action. Pas facile… D’où l’intérêt de recruter un leader de pignon, qui se place au croisement de deux couloirs, ou, s’il fait beau, contre le mur de la cantine, pour prêcher la bonne parole. L’effet positif est renforcé si le leader de pignon arrange les utilisateurs perchés sur un petit tabouret.

     

  • Les métiers improbables...

    epura.jpgÉpurateur de fausses données. D’un naturel sceptique, l’épurateur de fausses données doit intervenir au moins une fois par an. L’objectif est de ramoner les conduits de flux de données, ou d’aspirer les informations obsolètes qui prolifèrent dans les applications. Avec le temps, elles s’accumulent et produisent des mauvaises odeurs applicatives ; un jour ou l’autre, les utilisateurs sentent qu’il se passe quelque chose d’anormal. Cela n’empêche pas l’entretien régulier, avec quelques doses d’Eparcyl (Engin Pour Améliorer la Résistance des Cycles Logiciels).